WABE sculpteur

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Wabé, nous nous sommes rencontrées l'année dernière à Banne. Je retrouve beaucoup de choses que je connaissais déjà, mais il me semble que d'autres ont grandi ? Je voudrais que vous définissiez votre travail.

Wabé : En effet, depuis un an, j'ai travaillé sur un nouveau projet, qui est un collier de géante. Je suis partie de mes petits colliers. Et je me suis dit : " Pourquoi ne pas les agrandir, et en faire un grand qui conviendrait à une géante, à quelque princesse orientale … qui aurait besoin d'un " collier de têtes ". En effet, ce collier n'est constitué que de têtes, des grandes ou des petites, qui font à peu près 40 à 50 cm de haut ; et qui sont chacune très différentes des autres. Avec des expressions variées.

Je me suis lancée dans cette aventure sans savoir ce que cela allait donner. Et, à la fin, je me suis rendu compte que ce collier était tel, que je pouvais jouer en permanence avec lui ; puisque je pouvais combiner les têtes de façons différentes. Qu'en fait je pouvais créer des rangs de perles selon les espaces dans lesquels je me trouvais. Mes créations deviennent donc spatiales. Au-delà du collier, il y a investissement de l'espace, à la fois ludique, joyeux, mais aussi où l'œil peut traverser, et où on peut avoir des variations à l'infini. En fait, je peux agrandir ce collier à n'importe quel moment. Il suffirait d'inventer de nouvelles perles.

 

JR. : En même temps, il rappelle les bijoux que vous présentiez l'an dernier. Et vu la représentation des perles, et la connotation de tout collier, il nous ramène dans le monde du conte.

W. : En effet, sont omniprésents des têtes ou des personnages qui nous ramènent à des histoires vécues, ou à vivre. Il y a par exemple des cyclopes, des personnages cornus avec des anses à la place des oreilles ; des anses également dans leurs crânes, des yeux toujours exorbités donc toujours un peu inquiets ; avec la brillance de billes de verre qui servent pour les yeux.

 

JR. : Et maintenant, comment vous situez-vous par rapport à l'Art insolite ?

W. : Comme d'habitude, je dirai que ce que je fais est de l'art tout court. Que je suis toujours ravie d'être entourée de personnes appartenant au monde insolite ; mais que je ne me sens pas insolite du tout. Je me sens dans mon temps actuel, avec des problématiques contemporaines, et pas du tout dans une sorte de frange. En fait, bien dans mes baskets, dans une société en pleine évolution.

Court entretien réalisé le 16 juin 2007, à Nottonville.

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