JEROME VAES, peintre

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Jérôme Vaes, votre nom a une petite sonorité nordique. Etes-vous d'origine étrangère ?

Jérôme Vaes : Oui, je suis d'origine belge flamande.

 

JR. : Vous avez peu d'œuvres au festival. Vous avez installé deux très grands portraits de part et d'autre de l'entrée. Qui représentent-ils ? Et qu'est-ce qui vous a amené à réaliser deux portraits aussi grands ?

JV. : L'un est un autoportrait. L'autre est le portrait d'une de mes amies que je trouve très belle.

 

JR. : Ces deux portraits me semblent très réalistes. On pourrait dire que ce sont des œuvres classiques.

JV. : Oui. Je suis autodidacte. L'idée de peindre m'est venue spontanément.

 

JR. : Il y a longtemps que vous peignez ?

JV. : Il y a sept ans.

 

JR. : Complètement différentes de ces deux portraits, nous sommes devant trois autres œuvres qui me semblent directement issues de bandes dessinées ?

JV. : Oui, l'art de la rue, plutôt. Je côtoie beaucoup de gens qui graphent, qui pratique l'art de rue, et c'est un peu ce style-là que je travaille. Avec plein de couleurs qui donnent de la gaieté.

 

JR. : Vous avez chaque fois un personnage central, qui est en avant-plan. Avec de grandes dents. Il est dommage que Fernandel ne soit pas de votre génération, car nous pourrions y voir son portrait ! Deux d'entre eux rient, l'autre pleure. Est-ce par hasard que vous avez placé ceux qui rient de part et d'autre de celui qui pleure ?

JV. : Oui, c'est vraiment par hasard !

 

JR. : Nous sommes à la fois dans la réalité de personnages malgré tout un peu imaginaires, et placés devant des décors complètement fantasmagoriques ? Pourquoi ce paradoxe ?

JV. : C'est mon humeur, en fait. Un jour, je vais faire une toile dans cet esprit, un autre jour je vais faire autre chose. On me dit toujours que je fais trop diversifié, mais j'aime la diversité.

 

JR. : Vous dites : " J'aime la diversité ". Mais un spectateur peut-il reconnaître d'emblée vos œuvres, quand il les voit au milieu d'œuvres étrangères ?

JV. : Non. Je n'ai pas un style bien particulier.

 

JR. : Vous aimez la diversité, mais dans l'œuvre d'un artiste, elle est partie d'une unité de l'œuvre. Vous n'en êtes donc pas arrivé là ?

JV. : Non, je n'en suis pas là. Pour le moment, je fais mes classes. Je n'ai jamais voulu exposer jusqu'à maintenant, Toutes mes toiles étaient entassées chez moi. C'est Jean-Luc Bourdila* qui m'a trouvé dans la rue. C'est grâce à lui que je suis là. J'espère ainsi me faire connaître, et plus tard progresser.

 

JR. : Quand vous peignez dans la rue, vous dessinez vraiment sur le trottoir ?

JV. : J'ai fait deux toiles dans la rue, qui m'ont fait connaître grâce aux gendarmes !

 

JR. : Vous avez terminé en prison ?

JV. : Non, j'ai eu seulement le nettoyage à payer. Mais jusqu'à présent, ils ne veulent pas le nettoyer. Ils veulent garder ces tableaux au sol, en tant qu'œuvre.

 

JR. : En tant qu'œuvre ? Ou en tant que preuve ?

JV. : En tant qu'œuvre.

 

JR. : C'est mieux pour vous !

JV. : Vous ne le croirez pas, mais mon premier fan est un gendarme de Gisors !

 

JR. : Vous êtes donc sur la bonne voie !

JV. : Oui, je l'espère.

 

JR. : Nous pourrions maintenant parler des couleurs. Vous avez une façon de les. C'est-à-dire qu'au lieu de les placer de façon à ce qu'elles entourent vos personnages, vous avez fait des sortes de cases.

JV. : Oui, c'est fait avec les coups de couteau. Je me suis servi de tout ce qui ressort de la toile… J'espère que cela plaira.

 

JR. : Si cela vous plaît, à vous, c'est l'essentiel.

JV. : Oui, cela me plaît.

 

JR. : Vous êtes donc un artiste débutant heureux ?

JV. : Oui, très heureux. Très heureux.

Entretien réalisé au Festival GRAND BAZ'ART A BEZU, à Bézu-Saint-Eloi, le 31 mai 2009.

* Jean-Luc Bourdila : Fondateur et animateur du Festival Grand Baz'Art à Bézu.

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