SOLILOQUE PSEUDO BIOGRAPHIQUE D'YVON TAILLANDIER, peintre.

Propos recueillis par Jeanine Rivais.

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Bonjour ! Je m'appelle Monsieur de Pompignard. Je suis un grand amateur de peinture depuis ma petite enfance. Quand je faisais des dessins, je les aimais beaucoup. Mais j'aimais aussi beaucoup ce que je voyais : il y avait de petits tableaux chez mon parrain. Et, dans ces tableaux, il y avait une petite erreur de peinture, une touche mal placée. Mais j'aimais beaucoup cette touche mal placée, parce que je me disais que c'était une manière de faire autre chose qu'un paysage normal.

Et, depuis, je ne suis pas devenu paysagiste, mais je suis devenu peintre de visages. J'ai fait pendant des années, quand j'étais jeune, des visages ; des visages qui étaient impressionnants, et énergiques, parce que je trouvais qu'en général, les visages étaient un peu trop mous. Mais j'étais fasciné par un mot : c'était le mot " cubisme ". Alors, j'essayais de trouver des cubes dans les courbes du visage, dans les rotondités, et je les remplaçais souvent par des lignes droites. Cela m'a donné toute une série de dessins très énergiques. J'avais 12 ou 13 ans.

A ce moment-là, j'étais très beau. Je le suis encore, d'ailleurs. Et je servais la messe. Mais je ne la sers plus. C'est la grande différence. A la messe, il y avait une dame peintre qui admirait ma beauté, et l'air très paradoxal que j'avais, pare que je portais le vêtement de clergeon, et que j'avais des yeux bridés. J'avais l'air d'un démon et je servais la messe. Elle m'a demandé sir elle pouvait faire mon portrait. Moi qui sais que je suis très photogénique et portraiturable, j'ai accepté volontiers. Mes parents également.

Dès les premières séances de portraiture, elle m'a demandé si je faisais des dessins ? En fait, je ne faisais plus du tout de dessins, je faisais de gros efforts pour passer mon Certificat d'études primaires. Que j'ai d'ailleurs passé, grâce à un ami qui m'a donné les solutions des problèmes que je n'avais pas trouvées. Je l'ai passé brillamment, troisième du canton. Je suis encore très fier de cette réussite, parce que c'est le seul titre " universitaire " que je possède ! Je n'ai jamais passé mon bachot, parce que je suis trop bête pour ça.

Je me suis donc remis à dessiner. Quand cette dame a vu mes dessins, elle s'est exclamée : " Oh ! C'est tellement remarquable ! " Evidemment, je suis un dessinateur né. Et elle m'a fait connaître mon premier marchand. Et mon premier marchand m'a fait faire ma première exposition à l'âge de 15 ans. Cela a été un très grand succès ! J'avais les mains pleines de billets de banque. Je me demandais ce que j'allais en faire ? Mais cela s'est arrangé : les billets de banque ont disparu, et ont été bien utilisés. Et tout le monde pensait que j'allais avoir une carrière d'artiste de génie.

Et voilà où j'en suis ! Pauvre, pauvre peintre à peine connu ! De personne, sauf de toi, ma chère !!!

Propos (humoristiques) recueillis au Festival GRAND BAZ'ART A BEZU, à Bézu-Saint-Eloi, le 31 mai 2009.

VOIR AUSSI TEXTE DE JEANINE RIVAIS : "VISITE EN TAILLANDIERLAND ou YVON TAILLANDIER PEINTRE / ECRIVAIN". Rubrique ART CONTEMPORAIN.

La bibliothèque parlante d'Yvon Taillandier.

Un autre compte-rendu de festival

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