VERONIQUE STERNBAUM, peintre

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Véronique Sternbaum, voilà des années que nous nous connaissons, et que je suis votre travail. Néanmoins, je vais vous poser l même question qu'à tout le monde : Etes-vous à Banne comme artiste singulière ? Ou comme artiste contemporaine ? Et pourquoi ?

Véronique Sternbaum : C'est une question que je ne me suis jamais posée. Je suis ici pour montrer mon travail. Donc pour moi, que je sois singulière ou contemporaine, n'a aucune importance. Je me sens, si l'on peut dire, appartenir à la famille singulière, parce que j'aime retrouver mes amis Singuliers. Mais finalement, je ne vois pas ce que pourrait m'apporter de plus le fait d'être dans cette mouvance. Puisque, finalement, l'essentiel est de créer.

 

JR. : La dernière fois que vous avez exposé -c'était ici, d'ailleurs, dans cette même grotte-, ce que nous avions dit lors de notre long entretien, est-il toujours valable ? Ou bien avez-vous changé dans votre démarche depuis lors ?

VS. : Je pense que mon travail évolue, puisque j'ai eu la possibilité d'exposer une nouvelle fois au Cap-Vert. Ensuite, à Mayotte, ce qui m'a permis de découvrir les us et coutumes des Mahorais. Et tout récemment, je suis allée au Zaïre ; et ce voyage m'a permis de me ressourcer totalement dans les mystères de l'Afrique profonde, de l'Afrique Noire et équatoriale. Tout cela a été pour moi un vrai bonheur, et j'ai compris que l'Afrique était toujours là, en moi. D'ailleurs, quand j'en parle, je suis toujours très émue, parce que j'ai vécu des retrouvailles avec la forêt, et tout ce qui l'entoure.

 

JR. : Je voulais vous demander où est Iléla ?

VS. : Iléla était gabonais.

 

JR. : Oui, mais est-il toujours présent dans votre esprit et dans votre œuvre ?

VS. : Il est présent, et plus que jamais.

 

JR. : Est-il donc revenu ? Puisque la dernière fois où je vous ai posé la question, vous m'avez répondu que tout ne tournait plus autour de lui, dans votre création.

VS. : C'est une façon de parler, parce qu'il m'a vraiment guidé, il m'a " montré ", il est toujours là. En fait, il est beaucoup plus présent que je ne le pense moi-même. Je m'en suis aperçue quand je suis arrivée au Zaïre, où il était omniprésent. Je suis sûre qu'en ce moment, il nous écoute parler !

 

JR. : Il écoute pour savoir si vous lui êtes " vraiment " fidèle ?

VS. : Je le suis forcément !

 

JR. : Et sur votre travail, voulez-vous apporter quelques précisions ?

VS. : En ce moment, je prépare une autre exposition pour le Zaïre. Je m'imprègne donc à nouveau des coutumes. Il faut que " digère " tous ces voyages, avec tous les évènements récents. Je vais avoir, heureusement, plusieurs mois pour préparer tout ce travail.

Entretien réalisé dans la Grotte du Roure, à Banne, le 18 juillet 2006.

Voir aussi "Sous influence" : Véronique Stenbaum peintre médiumnique. Texte de Jeanine Rivais.

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