SOOKOUNG SOUL

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Vous êtes d'origine coréenne. Vous vivez en France ?

Sookoung Soul : Oui. J'ai fait mes études en France, à l'université de Bordeaux. J'ai donc plusieurs cultures différentes.

 

JR. : Peut-on dire qu'avec votre peinture, nous sommes dans le monde de la folie ? Il me semble que le contraste entre vos personnages est saisissant : l'un est parfaitement lisse ; l'autre a un visage dément. Et tableau après tableau, on retrouve cette impression de folie : la femme folle de son corps ; l'autre folle de son sexe…

SS. : Celle-ci part d'une légende très tragique : le mari de cette femme est fou de douleur parce qu'elle l'a trompé. Il s'en est aperçu et il a hurlé dans la nuit…

 

JR. : C'est la raison pour laquelle il a des dents aussi terribles, et des yeux déments ?

SS. : Oui.

 

JR. : On retrouve sur un autre cette même impression de folie…

SS. : Celui-ci est mon portrait !

 

JR. : Dans ce cas, vous ne vous êtes pas gâtée ! Avec cette sorte de chat / personnage et " votre " portrait, apparaît l'idée du dédoublement de la personnalité ?

SS. : Oui. Il y a deux personnages : l'un qui regarde la réalité, l'autre l'idéal. Il faut un équilibre entre les deux.

 

JR. : Dans le cas de votre chat / personnage, j'ai l'impression que les rôles sont inversés : que le personnage se rêve chat alors que c'est le chat qui se rêve personnage ou poisson ?

SS. : Non. Le chat pense comme un chat.

 

JR. : Mais si je regarde le tableau suivant, où le personnage est couvert de taches et de ronds jetés et projetés de façon obsessionnelle, il n'a même pas de tête ! Il est complètement dépersonnalisé ! Vous avez l'air si calme, si sage : comment pouvez-vous avoir un monde aussi fou, aussi inquiétant ?

SS. : Dans d'autres travaux, j'ai peint différemment. Chaque moment, chaque période donne une série différente. Je n'ai donc pas d'explication sur cette apparence !

 

JR. : Si je vous demandais de définir votre travail, que répondriez-vous ?

SS. : Je ne sais pas ! Hasard et pas hasard !

 

JR. : Et comment vous êtes-vous rattachée à l'Art singulier ?

SS. : Je peins comme j'ai envie de peindre. Je ne savais donc rien de l'Art singulier. C'est un ami qui m'en a parlé et qui m'a conseillé d'envoyer des photos. Et j'ai été sélectionnée. Mais je ne me pose pas la question de savoir si je suis singulière ou expressionniste… L'essentiel est que je puisse échanger avec d'autres !

Entretien réalisé à Lyon, le 28 octobre 2007.

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