MICHEL SMOLEC, sculpteur et dessinateur

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Michel Smolec, vous avez longtemps vécu dans un milieu étranger au monde de l'art. Comment définissez-vous votre travail ?

Michel Smolec : La terre a été pour moi une vraie découverte, car je suis complètement autodidacte ! J'ai commencé par de petits personnages, parce que je ne maîtrisais pas du tout la technique. Et puis, peu à peu, les sculptures se sont agrandies. J'ai commencé à associer des personnages, qui se racontaient des histoires. Des histoires de la vie. Des choses que j'avais vécues, ou qui m'avaient choqué, mes chagrins, mes joies, mes rencontres et parfois mes indignations : ce qui me tracassait depuis toujours. Et je les chargeais de raconter tout cela à ma place. Je pouvais leur faire dire ce que je n'aurais jamais osé dire avec des phrases. Donner enfin vie à toutes ces choses que je sentais bouillonner en moi.

Et puis, j'en suis venu à des personnages plus grands. En les créant, j'éprouve chaque fois une véritable jubilation à les voir rire, converser avec leurs petits voisins, être toujours très provocants. Là encore, les titres me sont importants : Démosthène, Vénus, Sappho, En attendant, Ne vois-tu rien venir, Laissez-moi vivre, La vie est belle.

Plus tard, j'ai eu l'idée de créer des couples : d'abord une mère et sa fille, Gaïa et la Gourmande, qui accompagnaient un grand dessin, Le déjeuner sur l'herbe, pour une exposition sur le thème de la nourriture. Et puis Les Twisteurs, où j'ai introduit des chaussures amusantes, alors que les personnages restaient nus… Lorsque l'un des personnages est terminé, il y a une vraie attente à monter l'autre, en fonction du premier. Je crois que là, avec ma volonté de les " unir ", le hasard de la création est moins grand.

Enfin, très récemment, j'ai commencé une série de personnages habillés ! Ceux-là sont inénarrables, avec leurs costumes à basques ou leur jeans genre populo ; leurs cheveux frisés ou leurs gâpettes ; leurs bottines ou leurs croquenots ! Bref, je m'amuse beaucoup quand je travaille la terre.

Quand je dessine aussi, d'ailleurs ! Mai mes dessins sont beaucoup plus étranges que les sculptures. Et je ne sais pas toujours les expliquer ?

 

J. R. : Comment vous sentez-vous relié à l'Art insolite ?

M. S. : Tout le monde a compris que, quelle que soit l'expression que je leur donne, mes sculptures et mes dessins sont très psychologiques, très narratifs. Je travaille avec mon cœur, et ma tête n'intervient pas ! Comme je l'ai dit, je suis autodidacte. Alors, tout cela me ramène à l'Art singulier ! Je m'y sens bien. Et, si ailleurs, cet art " singulier " devient " insolite ", j'espère que mes œuvres le sont suffisamment pour en faire également partie !

Court entretien réalisé le 16 juin 2007, à Nottonville.

Un autre compte-rendu de festival

 un autre artiste

 

 VOIR AUSSI TEXTE DE JEANINE RIVAIS SUR MICHEL SMOLEC RUBRIQUE ART SINGULIER..

SITE DE MICHEL SMOLEC : http://michelsmolec.free.fr

TEXTE DE JEAN CLAUDE CAIRE SUR MICHEL SMOLEC RUBRIQUE ART SINGULIER.

ENTRETIEN AVEC JEANINE RIVAIS REALISE A SAINT-GALMIER (CERAMIQUES INSOLITES) RUBRIQUE ENTRETIENS.