BRUNO SALAÜN, peintre

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Comment définissez-vous votre travail que je découvre aujourd'hui ?

Bruno Salard : Voilà une bonne question ! Je suis peintre. Peintre de la bonne humeur, de l'enthousiasme.

 

JR. : Mais peintre dans l'hétéroclite, pare que vous choisissez des bois hors de toutes normes habituelles, pour peindre…

BS. : En effet, je choisis essentiellement du bois. Des chutes de bois que je récupère dans la rue, chez des voisins… Je récupère absolument tout, les cageots dont les épaisseurs sont intéressantes. Je n'utilise pas tout de suite ces matériaux : je les démonte, je les mets dans des caisses, et le jour où je suis prêt à les assembler, j'étale tout. Je mets les bois les uns à côté des autres, les uns sur les autres, et quand cela me convient, je les assemble.

 

JR. : Vous voulez dire que ces éléments qui mesurent plus d'un mètre, sont des éléments à l'origine séparés ?

BS. : Oui. Que j'ai assemblés. Je mets les pièces principales, puis je laisse reposer. Enfin je reviens… En ce moment, je suis surtout dans les têtes.

 

JR. : En fait, il faut lire verticalement, de haut en bas, vos œuvres ; et chaque petite saynète est indépendante des autres ?

BS. : Oui. Et comme j'aime beaucoup les personnages, on les retrouve partout.

 

JR. : Parfois, il est permis de se demander si vous avez un seul ou plusieurs personnages ?

BS. : Oui. Cela peut être très variable. On peut voir ici une tête, se demander si là, il y en a une autre…

 

JR. : Ce sont donc " des poly-personnages " ? On peut donc dire que vous avez deux sortes d'avancées ; les éléments qui vont donner un tout ; et les éléments qui vont rester au stade d'éléments, à lire séparément ?

BS. : Après chaque lecture, on peut redécouvrir des choses différentes, des personnages la tête en bas, la tête en haut… Moi-même, il m'arrive d'en découvrir que je n'avais pas vus au départ.

 

JR. : Nous sommes donc dans l'aléatoire le plus total ?

BS. : Pourquoi ?

 

JR. : Puisque vous m'affirmez que vous n'avez pas " voulu " la construction définitive de chaque œuvre. Il y a toujours une partie qui reste indépendante de vous, puisque vous découvrez a posteriori certains éléments…

BS. : C'est vrai. Quand les peintures sont terminées, qu'elles sont exposées, il m'arrive de redécouvrir certaines choses. D'ailleurs, ce n'est pas forcément la version originale que je montre, il m'arrive de repasser par-dessus. Jusqu'à ce que je trouve la version définitive.

 

JR. : Comment diriez-vous que vous êtes relié à l'Art insolite ?

BS. : Cela s'est fait au fil des années. C'est ma deuxième exposition d'Art singulier. J'ai exposé à Banne le mois dernier. Jusqu'à présent, je ne cherchais pas à me retrouver dans un groupe, une famille de peintures. C'est venu tout seul. C'est venu vers moi. A un moment, une rencontre s'est faite. Mais je crois que cela s'est fait aussi, en regardant ce qui se passe ailleurs. Je me trouve bien ici. Je suis bien dans cette atmosphère de créateurs. Il y a là un fourmillement d'idées, une profusion d'idées qui partent dans tous les sens. C'est là que je me dis que la création est sans limites.

Court entretien réalisé le 17 juin 2007, à Nottonville.

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