JEAN-NICOLAS REINERT, sculpteur

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Jean-Nicolas Reinert, nous nous sommes déjà longuement rencontrés voici quelques mois, donc à part les choses nouvelles dont vous aimeriez me parler, je vous poserai la même question qu'à tous les exposants : Pensez-vous être à Banne en tant qu'artiste Singulier ? Ou artiste contemporain ? Et pourquoi ?

Jean-Nicolas Reinert : Artiste singulier. Je trouve que mon travail y figure très bien. Et je trouve que j'ai bien ma place dans cette mouvance.

 

JR. : A la production grave, sérieuse, que je connaissais, ont succédé des sortes de petits chérubins très colorés, très vifs, la plupart du temps au corps incomplet, comme s'ils avaient été conçus dans un même moule ?

JN. R. : Pas du tout. Mais j'ai voulu faire des petits personnages qui dansent, d'où leurs attitudes voisines. A l'avenir, j'ai l'intention de les adoucir encore, d'en faire des petits personnages au corps également dansant, et avec un corps entier. Ceux qui sont ici, sont des ébauches.

 

JR. : Et à votre avis, comment ces minuscules personnages se sentent-ils à côté des " grands " ? JN. R. : Ils sont tous en harmonie, puisque les grands sont aussi occupés : les uns à téléphoner, les autres à jour, rouler leur poussette, etc.

 

JR. : Vous aviez dit vouloir réaliser une mise en scène, et je vois que vous avez en fait mis en place une exposition très classique : qu'est-ce qui vous a empêché de jouer avec les rochers irréguliers de la grotte, des renfoncements de murailles, etc. Pourtant, à Paris, à l'Espace Lucrèce, vous aviez magnifiquement joué " dans la cour de récréation " !

JN. R. : J'ai un peu eu peur. Et surtout, j'ai eu envie d'utiliser ces socles rouillés qui sont très beaux et conviennent parfaitement à mes sculptures. Ce n'était pas non plus facile de les mettre en scène ici, à cause de l'obscurité qui règne au fond de la grotte, et puis j'ai voulu faire quelque chose de très différent de Paris.

 

JR. : Et maintenant, quels sont vos projets ?

JN. R. : Ce seront des danseurs dans des positions très scabreuses !

 

JR. : Voilà, en tout cas, un Jean-Nicolas Reinert complètement extraverti !

JN. R. : Je l'espère.

Entretien réalisé dans la Grotte du Roure, à Banne, le 18 juillet 2006.

 

 

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