IGNAZ PLEYEL

(1757-1831)

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D'origine autrichienne, Ignace-Joseph Pleyel naît à Ruppersthal, en 1757.

Il est d'abord élève de Vanhal. Puis, son protecteur, le comte Ladislas Erdödy l'envoie auprès de Haydn à Esterhàza, où il reste de 1772 à 1777. Il est alors nommé Maître de Chapelle du comte, puis voyage en Italie; à Naples en particulier, où, en 1785, est représenté son opéra Iphigénie en Aulide.

En 1783 ou 84, il devient assistant de Franz Xavier Richter à la cathédrale de Strasbourg, et lui succède comme Maître de Chapelle en 1789. Ces années marquent l'apogée de sa carrière, comme en témoigne un très avantageux contrat qu'il signe le 20 décembre 1786, avec l'éditeur parisien Imbault.

De décembre 1791 à mai 1792, il séjourne à Londres, invité par les "Professional Concerts" qui le font entrer en concurrence avec son ancien maître Haydn. Néanmoins, les deux hommes continuent d'entretenir des relations très cordiales.

Au fil des années, la rumeur va s'amplifiant, que la mélodie de La Marseillaise serait de lui, puisqu'il est notoirement un ami de Rouget de Lisle ; qu'il l'aurait composée au château des comtes d'Andlau d'Ittenwiller près de Bar (dans le Bas-Rhin). Mais en fait, à l'époque où elle est composée, il réside en Angleterre !

A son retour, il échappe de peu à la guillotine. En 1795, il s'installe à Paris, y fonde une maison d'édition (qui fonctionnera jusqu'en 1834). En 1807, il crée une fabrique de pianos (qui fusionnera en 1961 avec Gaveau-Erard ; l'ensemble étant, en 1976, racheté par Schimmel, de Brunswick). Il donne à son entreprise une telle ampleur qu'elle devient une des premières d'Europe. En 1801, il publie en qualité d'éditeur, la première collection complète des oeuvres de Haydn ; en 1802, les premières partitions de poche qui sont inaugurées avec 4 symphonies de Haydn.

Lui-même compose peu de musique vocale (Die Fee Urgele, à Esteràza, en 1876). Il se consacre essentiellement aux compositions instrumentales. Ses symphonies et ses quatuors le font souvent comparer à Haydn. Ainsi, Mozart, ayant pris connaissance de son deuxième opus paru, et dédicacé comme suit : " Sei quartettie dedicati al celebrissimo e stimatissimo fu suo Maestro il Signor Gius. Haydn, in segno di perpetuo gratitudine " , écrit-il, le 24 avril 1784 : " Il serait bon et heureux pour la musique, que Pleyel puisse être en mesure, avec le temps, de nous remplacer Haydn". Et deux de ses trios sont, pendant longtemps attribués à son ancien maître !

Très vite, il est au centre de la vie musicale parisienne : on lui doit 29 symphonies ; 5 symphonies concertantes ; 8 concertos ; 5 livrets de quintettes ; 7 de quatuors ; 4 de trios ; 8 de duos instrumentaux ; 10 de sonates de piano et violon ; 6 quatuors pour flûte ; 1 cantate; 1 méthode de piano ; de la musique de théâtre.

Il meurt à Paris le 14 novembre 1831. Il repose au Père Lachaise.

Jeanine Rivais.

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