ANTOINE-AUGUSTE PARMENTIER.

(1737-1813)

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Les légendes ont la vie dure ! Tout le monde "sait" qu'en Amérique, Parmentier a "inventé" la pomme de terre...

Or, Parmentier n'est jamais allé en Amérique ! Et la pomme de terre, originaire du Chili, a été rapportée par les Espagnols vers 1550. Cultivée en Espagne, en Italie, elle sert alors à nourrir les animaux. Elle s'est au fil des siècles, répandue en Europe, mais pas en France, où on l'accuse de donner la lèpre !

Au cours de la Guerre de Sept ans, Parmentier, prisonnier en Prusse, la reçoit en pitance pendant son internement. Ayant apprécié la valeur nutritive de ce tubercule, il s'ingénie dès son retour en 1763, à la populariser : l'aide de Louis XVI qui, un jour de fête, place sur sa poitrine, parmi les attributs de la royauté, quelques fleurs de pommes de terre, est décisive.

La relation Parmentier/pomme de terre est si puissante dans la culture populaire, qu'elle occulte ses autres travaux, multiples et capitaux : Né à Montdidier, élève en pharmacie, il devient aide-major dans le corps des pharmaciens militaires. A son retour de la guerre, il suit les cours de physique de l'abbé De Floreille et les herborisations de Bernard de Jussieu : il imagine alors un classement de tous les médicaments portés au codex pharmaceutique.

Au fil des années, il devient Inspecteur général du Service de Santé, puis "Premier pharmacien des Armées, Membre du Conseil de Santé" (par décret de Bonaparte, daté du 21 septembre 1800) ; Officier de la Légion d'Honneur ; membre de l'Académie des Sciences ; etc.

Son oeuvre traite de la Chimie alimentaire, notamment le lait et ses dérivés ; le sucre du raisin ; le vinaigre ; l'utilisation du froid dans la conservation des aliments... ; de l'économie rurale et ses culture s: maïs ou blé de Turquie (étude couronnée par l'Académie de Bordeaux en 1784) ; châtaigne, patate, topinambour... pomme de terre bien sûr ; de l'économie domestique et "toutes recherches susceptibles d'ajouter aux aisances de la vie" : création d'écoles publiques de meunerie et de boulangerie ; travaux sur le pain, les animaux de la basse-cour; etc.

Ses ouvrages écrits composent plusieurs volumes et sont largement résumés dans le Dictionnaire d'agriculture de Rozier et le Théâtre d'agriculture d'Olivier de Serres.

Malgré ses multiples occupations, Parmentier, si "doux et honnête homme" qu'on l'appelle "le bourru bienveillant", trouve toujours le temps d'être un ami fidèle, bon mari et bon père de famille. Le chagrin provoqué par la mort de sa soeur semble avoir hâté la sienne, survenue le 21 décembre 1813.

Il repose au cimetière du Père Lachaise.

Jeanine Rivais.

un autre personnage célèbre