PAPAGREBOU, peintre

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Pouvez-vous me dire comment vous définissez votre travail ?

Papagrebou : Je n'essaie pas de m'esquiver, mais vous m'avez déjà posé cette question à Banne, et j'ai toujours autant de mal à répondre !

 

JR. : Alors, formulons-la autrement : qu'éprouvez-vous quand vous peignez ? Ou quand vous sculptez ?

P. : Un besoin de " faire " ; de " travailler ".

 

JR. : Et qu'est-ce que cela vous permet d'expurger ?

P. : C'est une sorte de catharsis…

 

JR. : Et vous voudriez que je croie que lorsque l'on connaît des grands mots comme " catharsis ", on ne peut pas définir son travail ?

P. : Mais ce mot me permet de le définir. Cela implique que je reste humain, que je reste vivant ; parce que le monde dans lequel nous évoluons n'est pas toujours beau. C'est une manière de dire ma révolte, sans descendre dans la rue. C'est donc pour moi une facilité.

 

JR. : Et comment pensez-vous vous rattacher à l'Art insolite ?

P. : Je suis venu ici par amitié pour Thierry Bariolle, parce que définir " Art insolite " rejoint mon problème avec les étiquettes…

 

JR. : Oui, mais " Art insolite " contient tous les labels de l'art marginal.

P. : Je me sens de connivence avec certains autres artistes présents, mais pas avec tous. Et puis, il y a des relations d'amitiés qui sont transversales à ces connivences. Il y a des gens que j'aime bien, et je n'aime pas leur travail ; et réciproquement.

Pour en revenir à l'Art insolite … Je me souviens que l'an dernier, vous m'aviez posé la question de l'Art singulier et l'Art contemporain ! Je crois que chacun dans son époque, fait de l'Art contemporain. Puisque l'on agit avec le monde dans lequel on vit, avec les moyens mis à sa disposition. Et cela m'intéresse. Me dire " c'est moi, je suis moi… ". C'est comme cela que je le ressens.

D'un autre côté, l'idée de l'art marginal me plaît bien. Mais " insolite ", je ne sais pas trop bien !

 

JR. : Mais quand vous êtes ici, vous sentez-vous dans " votre " famille ?

P. : Oui, avec tout ce qu'implique la famille ! Il y a ceux que l'on aime bien, et ceux que l'on n'aime pas ! Disons que, dans cette famille-là, je me suis choisi quelques amis ! Et que, selon l'endroit où je vais exposer, j'essaie d'apporter des éléments qui ne soient pas trop dysharmoniques, qui soient cohérents !

Court entretien réalisé le 17 juin 2007, à Nottonville.

 

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