Entretien avec Jeanine Rivais.
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Jeanine
Rivais : Cathy Mouis, êtes-vous à Banne à titre
d'artiste Singulière ? Ou à titre d'artiste
contemporaine ?
Cathy Mouis : Oh la la ! Je n'en sais vraiment rien ! Je suis quelqu'un qui fait des tableaux, et c'est tout : Je ne sais même pas ce qu'est l'Art singulier.
JR. : J'ai l'impression de vous avoir prise par surprise. Mais il n'est pas " obligatoire " de vous situer !
CM. : Bon, cela m'assure, car ce n'est pas une question que je me pose !
JR. : Diriez-vous que vous êtes peintre ? Ou sculpteur ?
CM. : Je suis un mélange des deux.
JR. : Chacun de vos petits tableaux est une saynète. Que racontez-vous, dans vos saynètes ?
CM. : En fait, je ne raconte rien. C'est à chacun d'interpréter.
JR. : Il est évident que lorsque vous placez un très gros personnage et un tout petit, on pense immanquablement " Laurel et Hardy "
CM. : Ah bon ? Je n'avais pas pensé à eux ! Mais voilà pourquoi c'est intéressant ; parce que chacun a une idée différente.
JR. : Tout de même, quand vous placez ces deux personnages côte à côte, vous avez sans doute une idée préconçue ?
CM. : Non ! Je travaille instinctivement. Les choses s'agencent quasiment toutes seules.
JR. : Même quand vous avez trois personnages qui sont, je suppose, en train de se livrer à des beuveries sur une table ?
CM.
: Non. Et c'est ce qui est rigolo ! Vous voyez cela. Et moi je vais
voir autre chose !
JR. : Tout de même, j'aimerais que vous me disiez dans quel état vous vous trouviez, lorsque vous avez fait cet ensemble ?
CM. : J'avais envie de faire des petits personnages rigolos. J'ai récupéré des coques de grenades. Et je veux que ce soit vivant. Que l'on puisse s'inventer une histoire.
JR. : Effectivement, ils ont l'air bien vivants. Et je dirai que ce qui caractérise le plus votre travail, c'est ce côté ludique. En fait, vos personnages sont presque à la limite de la caricature. Ils sont humains. Ce sont des hommes ou des femmes ; surtout des hommes apparemment ? Mais ils ont des " trognes ", non pas au sens péjoratif, mais au sens où chaque trait du visage est hyper-accentué, le nez busqué En fait, on les verrait très bien dans des bandes dessinées humoristiques.
CM. : Oui. J'aime bien m'amuser. Mais je les verrais plutôt dans des films d'animation. Je crois que ce sont les vieux films d'animation tchèques qui m'ont inspirée. Plus Walt Disney
JR. : Pourtant, les films d'animation tchèques ne sont plus de votre génération !
CM. : Pourquoi ?
JR.
: Parce qu'ils remontent à plus de quarante ans ! Je trouve
amusant et étonnant que vous les preniez comme
références !
CM. : Il y en a bien qui s'inspirent des grottes de Lascaux ! Ou du travail tribal
JR. : Une scène que je trouve amusante, parce que c'est une scène dérision, est une peinture/sculpture où l'un des personnages ressemble à une sainte en train de se recueillir. Mais, au lieu d'avoir les bras croisés comme on le voit dans la liturgie catholique elle a les bras posés sur sa jupe, dans une attitude pleine de coquetterie.
CM. : Je ne voyais pas du tout une sainte ! Je ne me pose pas de question, en fait. Je fais mes personnages, c'est tout.
JR. : Tout de même, en admettant que vous ne réfléchissiez pas au moment de la conception, une fois terminés, ils vous renvoient une image qui doit vous parler ? Que vous dit-elle ?
CM. : Non, une fois terminés, je ne les regarde plus ! Pour moi, c'est une petite Nana, c'est tout.
JR. : A côté de cette production un peu humoristique, vous en avez une autre tout à fait classique, des têtes de chats. Comment reliez-vous les deux ?
CM. : Ce sont des pots de fleurs !
JR. : Alors, cette partie-là a une intention fonctionnelle ?
CM. : Oui, c'est de la déco. Je mets du lierre, dedans. J'aimerais bien me lancer dans de l'art végétal. Mais je n'ai pas la végétation ! J'en ai fait à un moment, mais chaque fois que je transportais les uvres, les plantes tombaient tout le temps ! J'ai dû renoncer !
Entretien réalisé à Banne, le 11 juillet 2007.