ANDRE MATHIEU, Poète

Entretien avec Jeanine RIVAIS.

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Jeanine Rivais : André Mathieu, au début des années 50, vous avez environ 22 ans. Vous figurez dans "La Be1le Jeunesse " anthologie poétique présentée par Elsa Trio1et. Quel rô1e a joué dans votre carrière, la fréquentation du couple Aragon/Triolet ?

André Mathieu : Il est évident que le couple Elsa Triolet / Louis Aragon était emblématique et symbolisait cette époque - les années 50 -, au même titre que le couple Sartre / Simone de Beauvoir. Notre génération admirait Aragon au même titre qu'Eluard en tant que surréaliste et poète de la Résistance, Quant à Elsa Triolet, on peut dire qu'elle fut l'accoucheuse de cette génération des poètes des années 50, en publiant des inconnus, tels Gérard de Crancé et Dobzynski et en nous invitant à nous réunir et former un groupe de Jeunes Poètes du C.n.e (Comité national des écrivains). En tant que président du groupe, j'ai beaucoup fréquenté Elsa. Elle avait une conception très juste de la poésie et était une bonne conseillère en ce domaine. Etre un militant communiste n'était pas pour elle un facteur de qualité poétique. "Il n'y a pas de démocratie dans le talent", avait-elle répondu à un poète militant communiste qui se plaignait de ne pas être publié dans les lettres françaises, alors qu'André Mathieu qui n'était pas membre du Parti y était publié. Il ne trouvait pas cela démocratique, ce qui signifiait dans la langue de bois de l'époque que ce n'était pas dans la ligne du Parti.

En fait, c'est Aragon lui-même qui m'a découvert, en publiant dans Les Lettres françaises mon premier poème consacré au poète turc Nazim Hikmet, que je devais rencontrer à Paris, par la suite, et qui était alors prisonnier sur un navire-hôpital, faisant la grève de la faim pour obtenir sa libération.

Par la suite, Aragon m'appelait "mon fils", comme Hikmet m'appelait "mon frère" et Montherlant "petit frère".

 

J.R. : A peu près â 1a même époque vous fondez 1e " Groupe des Jeunes Poètes ". Quelles options proposiez-vous lors de la création de ce groupe ? Qui en a fait partie et quelles ont été ses destinées ?

A.M. : C'est le 14 janvier 1950, que fut fondé le groupe des Jeunes Poètes du C.n.e. Ce fut à I'initiative d'Elsa Triolet que nous nous trouvâmes réunis, ce samedi-là, dans les salons de la Maison de la pensée française, 2, rue de l'Elysée. Nous fîmes connaissance, René Depestre, Alain Guérin, Charles Dobzynski, Rolland Doukan, Josette Mélèze, Denise Jallais, etc.

Un peu plus tard, vinrent nous rejoindre : Jacques Roubaud, Jean-Pierre Atta1, Hubert Juin, Jean-Jacques Robert, Jean-Pierre Voidies, Juliette Darle et, épisodiquement, Henri Pichette. On peut dire que la plupart des jeunes poètes (nés entre 1920 et 1935) fréquentèrent un jour ou l'autre les salon du C.n.e., où nous nous réunissions tous les samedis après-midi. J'ai écrit, par ailleurs, l'histoire de ce groupe et je cherche un éditeur pour publier cette tranche de l'histoire de la poésie française, généralement occultée. La toute première option était évidemment de nous réunir, comme nos modèles, le groupe surréaliste et les poètes qui avaient pris part à la lutte contre l'occupant : Aragon, Eluard, Guillevic, Tzara, Marcenac, Claude Roy, etc.

Nos motivations politiques étaient proches de celles du Parti communiste, même si nous n'étions pas toujours d'accord (notamment en ce qui concernait Staline et le culte de la personnalité), tout au moins en ce qui concernait ce qui constituait pour nous la prolongation de la Résistance, c'est-à-dire la lutte pour la défense de la paix et la défense des opprimés : Nazim Hikmet, les Rosenberg, les Noirs d'Amérique, etc. C'était très naïf, une forme de scoutisme littéraire, en quête de B.A.

Plus qu'une école, ce fut un mouvement poétique de masse, puisqu'il existait de nombreuses filiales en province, notamment à Marseille ou Jean Malrieu et Gérald Neveu fondèrent "Action Poétique".

Le groupe se maintint jusqu'en 1956, les évènements de Hongrie troublèrent quelque peu les certitudes et les bonnes consciences. La dernière manifestation fut la publication par René Lacôte, en 1964, de l'anthologie " La Nouvelle Génération des poètes " (édition La Nouvelle Critique), qui fut en quelque sorte le pendant de " La Belle Jeunesse " en 1951. Nombre d'entre les membres les plus brillants de ce groupe semblent avoir abandonné la poésie. C'est le cas de Jean-Pierre Attal. Certains sont décédés, comme les Belges Hubert Juin et Gérard Prévost ou encore Ariel Gainsbourg et Gérard de Crancé. Jean-Pierre Voidies, l'un des rares nettement politisés, signe désormais Madame Ovida Delect et publie sous ce nom de très beaux textes. Deux d'entre nous sont devenus relativement célèbres : René Depestre et Jacques Roubaud. Un tiers environ poursuit aujourd'hui une carrière (si l'on peut dire) de poète.

 

J.R. : Vous êtes également traducteur en particulier des oeuvres du poète suédois Gunnar Ekelöf. Vos traductions vous attirent autant d'admiration que vos propres oeuvres. Vous écrivez dans un de vos textes : " Seul un poète peut traduire un autre poète ". Pourquoi ? Quel1e démarche précise avez-vous suivie pour créer l'unanimité autour de votre approche de Gunnar Ekelöf ?

Un poète doit-il, selon vous, se sentir fier ou dépouillé, ou les deux à la fois, quand son oeuvre est si parfaitement sentie par un autre qu'e11e devient -sans hiatus- l'expression de cet autre ?

A.M. : La traduction constitue une activité littéraire toute naturelle pour un poète, et bien sûr, la traduction de la poésie. J'ai traduit des romanciers (pas seulement pour des raisons alimentaires) : Herman Melville, Chester Himes, etc., mais ce sont les textes poétiques qui me conviennent le mieux. Je n'avais, a priori, aucune affinité particulière avec l'inspiration quelque peu mystique de la trilogie orientale de Gunnar Ekelöf. La réussite de cette traduction est dûe à trois facteurs : la qualité intrinsèque de l'oeuvre originale en suédois, laquelle confirme Ekelöf comme l'un des plus grands poètes du XXe siècle ; l'insistance de mon co-traducteur, Carl-Gustaf Bjurström pour vaincre mes réticences ; un travail opiniâtre qui ne fut pas, heureusement, limité par le temps.

La traduction nécessite une spécialisation du traducteur, beaucoup plus qu'une parfaite connaissance grammaticale de la langue d'origine. Le but, après tout, est de rendre dans la langue d'arrivée, un produit équivalant à l'oeuvre originale. C'est ce qu'a démontré ma fan numéro un (!), Marguerite Yourcenar, répondant à Jacques Chancel dans sa Radioscopie, en me citant en exemple, celui d'un poète ayant rendu admirablement en français l'oeuvre d'un grand poète suédois, malgré des connaissances rudimentaires en suédois, comme elle-même avait réussi à traduire des poètes grecs bien que sa connaissance du grec fût très réduite. Je pense d'ailleurs que seul un médecin peut traduire un livre de médecine et il en va de même pour toutes les spécialités, cela me semble une évidence. Quant aux rapports entre traducteur et traduit, ils ont toujours été parfaits avec les auteurs que j'ai pu traduire de leur vivant, car ils m'ont fait confiance : "Fais comme si tu étais moi", me disait l'un d'eux, Jan Myrdal. Ce genre de traduction aboutit à une reconnaissance plus internationale que nationale : par exemple, plusieurs poètes marocains, Abdellatif Laabi, Abdelkébir Khatibi, Mohammed Bennis, m'ont connu et apprécié en tant que poète, à travers cette traduction de la trilogie orientale d'Ekelöf, avant de devenir des amis. De même, les académiciens suédois qui décernent le Prix Nobel me connaissent parfaitement et connaissent mes écrits, alors que les historiens français de la poésie, Boisdeffre, Rousselot, Brindeau et Sabatier, m'ignorent totalement, même si ce sont aussi des amis.

 

J.R. : Un de vos premiers recueils publiés, " Double équateur " me semble vous définir conne le poète de l'amour contrarié, poète de 1têloignenent et des fulgurances des brèves rencontres :

" Le temps sonne creux

dans la cloche de la solitude

où gît mon présent

comme un chien fatigué "…

" Pendant vingt-quatre heures,

Le bonheur fut habité

à l'adresse de nos vies "…

Qu'en pensez-vous?

A.M. : " Double Equateur ", mon second recueil, a été écrit en grande partie au cours de mon service militaire, effectué en 1951-52 l'école des E.O.R. de Strasbourg et en occupation à Coblence en Rhénanie comme chef de section du 7e régiment de tirailleurs algériens, ce qui explique les allusions au Ramadan et à la Lorelei.

L'impression d'amour contrarié qui émane de " Double Equateur " est justifiée par la séparation et l'éloignement, thème qui revient comme un leitmotiv, dans cette oeuvre de la période rhénane.

 

J.R. : " Sous 1e pont Mirabeau coule la Seine " (Apollinaire)

" Et doucement coule 1e Rhin" (Mathieu)

'Dans 1e marbre monolithique du présent,

Je t "ai imaginée ". (Eluard)

"Je t'ai imaginée" (Mathieu)

Cette décennie 50 est pour vous très active !

En 1954, alors que vous êtes un (brillant) poète, vous dédiez certaines de vos œuvres à Eluard et Apollinaire. Comment ces deux poètes vous ont-ils influencé ?

D'autres sont dédiés à Guillevic ou à Queneau. Quel1e est 1a démarche possible de l'un à l'autre ? Des uns aux autres ?

A.M. : La présence d'Apollinaire, dont le souvenir perdurait pour moi dans cette province rhénane, et celle d'Eluard, pour la forme, sont patentes. Je réunissais ainsi dans mon admiration deux poètes qui représentaient pour moi l'incarnation de la poésie, ainsi que l'a remarqué, à l'époque, Armand Lanoux. Eluard, le seul des deux que j'aie pu connaître, m'impressionnait tellement que, bien que l'ayant approché de nombreuses fois et conversé avec lui, je n'ai eu avec lui aucun véritable échange, tant il m'intimidait ; ce qui n'était pas le cas à l'époque pour Aragon, Tzara, Queneau, Carco, Neruda, Brecht, Picasso. F. Léger, etc., que j'aimais aussi comme des grands frères plus que comme des pères électifs.

Guillevic a toujours été mon ami et est resté également un modèle. Quant à Queneau, à la suite d'une rencontre au C.n.e., il avait tenu à me voir ; il m'avait reçu dans son bureau chez Gallimard, où perdu dans les couloirs, j'avais été gentiment guidé par Albert Camus.

 

J.R. : De Coblence, vous écrivez en 1952 :

"Les voix africaines s "é1èvent... "

" Ich bin allein mit meinen Traümen... "

Plus tard, le lecteur vous retrouve à Tunis où vous évoquez

" Les perles fleuries de l'Orient ".

En 1985, vous êtes en Russie, etc.

Qu'est-ce qui vous pousse " sur 1es routes " ? Pourquoi en chaque lieu rêvez-vous d'un autre ? Est-ce à dire que chaque endroit génère chez le poète l'envie d'être ailleurs ? qu'en fait, i1 ne peut vivre 1a réalité, mais est tenu de 1a recréer par son imaginaire ?

A.M. : Les voyages pour mon métier de réalisateur-reporter à France-Culture m'ont permis de connaître dans les meilleures conditions des pays éloignés : Brésil, Inde, U.r.s.s., Etats-Unis, Côte d'Ivoire, Egypte, etc. Les voyages ont toujours été une source d'inspiration pour les poètes. Ce fut mon cas. La trentaine de pays que j'ai visités jusqu'à présent constituent une source d'inspiration qui est loin d'être épuisée. En voyage ou non, le poète fait constamment provision d'impressions, de sensations dont il se servira le moment venu. De même, grâce à son imagination, il peut se trouver à plusieurs endroits à la fois, comme à différentes époques, et je ne m'en prive pas.

 

J.R. : " Le prince d'Emgion

passa ici quatre ou cinq ans.

C'était un prince acrite

dont on se méfiait "…

En 1965, paraît le " Diwan sur 1e prince d'Emgion ", que vous ayez si brillamment traduit.

Etes-vous encore sous 1e charme de ce " diwan ", lorsque vous publiez un recueil de poèmes écrits de 1950 à 1975, intitulé " Les Runes " ?

A.M. : Les poèmes inclus dans " Les Runes "* sont presque tous antérieurs à mai 1968, date à laquelle j'ai signé mon contrat avec P. J. Oswald. Comme ce n'était pas une édition à compte d'auteur, j'ai dû attendre qu'Oswald soit renfloué pour m'éditer, de relle sorte que le recueil " Les Runes " ne fut publié qu'en t975, deux ans après la sortie chez Gallimard du " Diwan sur le prince d'Emgion ". C'est donc in extremis, 7 ans après avoir remis mon manuscrit, que j'ai ajouté en exergue une citation du " Diwan ".

Pierre runique de Fröson (Suède).

J.R. : Vous placez " Les Runes " sous 1e signe de L'Edda ; vous invoquez 1es scaldes. Dans sa préface de 1974, écrite pour " La Saga des fiers-à-bras ", de H. K. Laxness, écrivain islandais, Régis Boyer déc1are : " L'homme y (dans la saga) vaut par ses actes exclusivement ; i1 s'attache à accomplir son destin, dont i1 se trouve instruit de mi1le façons, sans dépréciation ni vaine g1oire".

Votre recueil renferme des titres comme : " Le prince proscrit ", " Ode à René Depestre ", " A Nazim Hikmet", "Fantasmagorie des harcèlements ", " Naissance de l'0ccident ", etc. . . Diriez-vous que " Les Runes " sont une saga ?

A.M. : Dès 1956, à la suite d',d'un séjour de plusieurs mois en Islande, je me suis passionné pour ce pays et pour la littérature scandinave, mon ami Régis Boyer en sait quelque chose et aussi Laxness. Les écrivains islandais ne me démentiront pas si je dis que je me considère un peu comme un citoyen d'honneur du pays des sagas et des Edda. Lors de notre dernière rencontre, le poète islandais Thor Vilhjalmsson m'a signé ainsi son dernier livre: "Cher André, reviens en Islande !! "

Le choix du titre " Les Runes " n'est donc pal gratuit, bien qu'il ne s'agisse pas d'une saga (saga signifie "histoire"). " Naissance de l'Occident " est une sorte d'hommage aux scaldes et aux navigateurs vikings qui découvrirent l'Amérique en l'an 1000.

 

J.R. : Vous placez également cet ouvrage sous le signe de Zarathoustra, d'Ishtar, de Lord Byron et d'Ekelöf. Vous y faites alterner odes, sonnets, prose rythmée, versets… toutes les variantes poétiques. Avez-vous souhaité, égrenant " les Runes ", qu'il débute comme une épopée, un 1ivre de pouvoir et de conquête ; qu'il passe d'une poésie du courage et du combat, au lyrisme ( "Rien que 1es saisons ", " L'aube retrouvée ") , à 1a tendresse et à l'amour (" Les yeux réjouis ", " l'absence ", " Ceci est mon corps ") ?

A.M. : Dans " Les Runes ", les citations en exergue servent d'introduction pour le premier poème du recueil, " Le Prince proscrit " qui traite un problème personnel (la fin de mon premier foyer) comme s'il s'agissait de la fin d'une civilisation. Eluard ne disait-il pas: "De l'horizon d'un homme à l'horizon de tous " !

 

J.R. : Dans 1e même recueil, vous publiez " Torero de fuego ", hommage à Pablo Picasso dont tout 1e monde connaissait l'amitié qui le liait à Miguel Dominguin et dont 1es " Toros y toreros " viennent d'être présentés récemment au musée de l'Hôte1 Sa1é. Ces poèmes constituent-i1s pour vous " les très riches heures " de 1a corrida, une chorégraphie de 1a tauromachie, une danse de mort dans une explosion de couleurs ?

Le lien entre " Les Runes " noires, préoccupées, graves ; et la violence très colorée de " Torero de fuego " ; est-il la marche vers 1a mort ?

A.M. : Torero de fuego, qui complète " Les Runes ", est évidemment un poème d'inspiration méditerranéenne et solaire. J'avais été frappé par la beauté plastique de cette tragédie hors du temps, que j'avais toujours identifiée avec la bravoure de Picasso. D'ailleurs, la dernière fois que j'ai rencontré Pablo Picasso, en t965, c'était à la corrida de Fréjus où toréait El Cordobès. Picasso, installé à la Présidence, refusait toute interview. Mais comme il m'a reconnu (j'étais alors animateur à Radio-Inter Var, une radio-vacances de l'ORTF, j'ai pu l'interviewer, ainsi que le fils de Luis-Miguel Dominguin et Lucia Bose). Et il m'a dit entre autre, "La corrida, c'est ce que j'aime le plus au monde ". " Torero de fuego " est à l'origine un oratorio radiophonique diffusé par le Club d'Essai Paris IV, le 4 mars 1956, est avant tout un poème solaire.

 

J.R. ; En 1982, vous publiez " La chaleur du tendre " que je vois comme un long poème en évolution, lisible, peut-être, de 3 façons : 1a partie " haute ", faite de moments isolés, des sortes de flashes, images co1orées , très lyriques, très musicales ; la partie " basse ", sorte de respiration linéaire, ondulante, de "cri ciselant 1e nocturne cristal ", moins méditatif, plus actif ; et enfin 1a lecture continue de ces deux parties conçues en double contrepoint : l'un créé par le sty1e, comme je l'ai suggéré, par 1a double musicalité ; l'autre, contrepoint métaphorique, obtenu par l'idée sous-jacente d'une danse d'amour , évoquée mais jamais réellement décrite,

" la lueur

du ciel

du corps ". . .

Ensemble à la fois très pittoresque et très spirituel :

" Mille vies en action

implantées

dans l'arbre transcendantal ". . .

Que signifie pour vous cette plaquette de poèmes contrapunctiques, Que vous définissez comme " le besoin de glorifier l'ascèse et 1a pentecôte et 1e site " ?

A.M. : " Chaleur du tendre " qui est une plaquette autoéditée, à tirage restreint, est un poème d'amour, un poème de communion avec l'être aimé, un poème à deux voix que j'espère publier un jour en édition commerciale. Même si les raisons qui m'ont fait écrire ce poème ont disparu.

 

J.R. : En 1982 également, paraissent dans Le pont de l'épée, " Lot Hoden Tand-Panda Hul ( Visage de la forêt silencieuse comme une étoile) : 12 poèmes primitifs transcrits et traduits du "langage singe". A travers l'humour de ce défi, vous créez une poésie de la savane. Ce langage très organisé rend un son " vrai " :

"Ugis gud bolgani

gon pele ontag nangani

kudu koho eta -koiho"...

Et votre traduction fait retrouver aux amateurs d'Edgar Rice Burroughs (dont j'étais), toute 1a violence de ce

monde primitif :

" Mu par 1a haine, 1e chef gorille

Poursuit dans la vallée les girafes et les singes

Le soleil est chaud et brûlant ".

En même temps, vos métaphores lui donnent vie et couleur :

" La fille de la fourmi est comme un fruit frais

Un gentil fruit bon à la bouche

bon à 1a langue, lumière de l'estomac "…

" L'aiguillon de l'amour est émoussé… "

" Epouse, lumière du foyer. . . "

Que1 sens donnez-vous à ces " exercices de style " ?

A.M. : Les Poèmes traduits du singe sont le résultat d'un pari fait et tenu, semble-t-il, avec moi-même. L'enjeu consistait à vérifier si, à partir d'une langue inventée, donc purement artificielle, il était possible de créer un embryon de littérature. En l'occurrence une douzaine de poèmes.

L'occasion m'en a été donnée par la publication par Francis Lacassin d'un lexique français-singe. Il s'agit, bien sûr, de la langue littéraire inventée pour le personnage de Tarzan par Edgar Rice-Burroughs. A partir de ces 250 mots, j'ai pu créer 12 poèmes radicalement primitifs.

Le résultat, n'a pas une grande importance linguistique, mais confirme le grand talent du père de Tarzan qui a su créer une langue qui tient le coup, puisqu'elle peut donner l'occasion d'écrire des poèmes à un vieux lecteur de Tarzan.

 

J.R. : 1991 : "Carmen inaugurationis ad usum Delphinae" (Poème inaugural à l'usage de Delphine) :

" Je viens à toi

Avec ma jeunesse pesant sur mes épaules

Avec mon génie criant dans ma tête

Avec mon espoir investissant mon cœur

Avec mon sexe emprisonné dans mes yeux

Avec mon désir débordant dans mon rêve

Avec mon rêve qui est dans toi "...

Cet ouvrage est-i1 1e contrepoint de " Double équateur ", le temps où l'homme sûr a un peu délaissé la folie amoureuse pour des créations ludiques où 1e rêve a pris 1a place essentielle ?

Il reste que ce livre foisonne d'images vives, de liberté et de désir. Parlez-nous de cette " Delphine ".

Et que1le intention (à l'usage des non latinistes), renferme le pendant créé entre "Carmen" (la belle indomptée indomptable) et "Delphine" (héroïne préromantique de Mme de Staël) ?

1993 : Egérie (secundum carmen ad usum Delphinae).

Apparemment, domaine de 1a réa1ité enfin trouvée : " C'est dans 1a maison du bonheur " que je vis avec toi depuis qu'un jour de printemps véritab1e, tu ne l'as donnée ".

Mais… bonheur factice, créé par les anti-dépresseurs… " car tout ceci n'était qu'un rêve ". . . Livre où " je " a fait place à " tu ",

Vous écrivez : " Le rapt du solei1 est un crime contre l'amour. Le crime contre l'amour est un crime contre la poésie et le crime contre la poésie est en soi un crime contre 1e rêve ".

Le poète devenu " sourd et aveugle ", s'est-i1 brû1é 1es yeux parce que son imaginaire est devenu trop intense ?

Sinon, comment interprétez-vous cette profession de foi ?

A.M. : Pierre Béarn, qui vient de fêter ses 91 ans qui font de lui le doyen des poètes, m'a dédicacé ainsi l'un de ses livres : "Pour André Mathieu qui fascine les jeunes femmes par sa vitalité mais aussi par son talent".

Il s'agit, bien sûr d'une fascination réciproque car, éternel adolescent, je garde toujours en moi - serais-je poète sans cela ?- les émois de mon âge, et bien que mon âge à moi ait changé avec le temps je suis resté imperturbablement le même.

" Carmen înaugurationis ad usum Delphinae " (littéralement : poème, ou chant, inaugural à l'usage de Delphine), comme "Egérie" qui se présente comme le second volet de ce cycle delphinien, et qui vient tout juste de sortir, est la conséquence d'une de ces rencontres littéraires exceptionnelles entre un ancien jeune poète et une jeune poétesse très douée.

La communication s'établit entre eux par la voie du rêve, de la tendresse et de l'érotisme. Ce genre de poème doit garder son mystère, son énigme et laisser planer un doute, ce n'est pas plus un communiqué de victoire qu'un constat d'échec, c'est tout simplement l'histoire d'une rencontre, d'une lutte commune et en pleine communion contre le mal du siècle, la déprime, une histoire non pas pleine de bruit et de fureur mais bien de tendresse et d'onirisme. (Quant à Delphine C., qui est la dédicataire de ces deux plaquettes, elle est versatile, c'est-à-dire, en anglais, diversement douée. En tant que poète, elle n'a pas encore publié de recueils, seulement en revue, dans Les Cahiers de la Poésie, où j'ai découvert ses poèmes, il y a trois ans, mais elle est aussi peintre, graveur et illustratrice. Il lui arrive aussi d'illustrer mes poèmes et de les dire à Radio-Lucrèce. Peut-être y aura-t-il un troisième volet, et peut-être pas.

Si "Carmen inaugurationis" use du " tu ", c'est que le poème en 16 strophes est un peu comme une lettre à une jeune poète, tandis que Egérie fait une plus grande part aux sensations et aux sentiments de l'auteur.

 

J.R. : Vous m'avez également confié deux manuscrits non édités à ce jour :

" Le nombre d'Orphée " commence "tambour battant " sous une pluie d'allitérations :

" Des pierres rouges rares dans la poussière ocre

brûlantes sournoises

acérées 1acérantes "...

Mise en scène très théâtrale où vous semblez, comme votre Xerxès triomphant, capable de conquérir 1e monde.

Mais la fissure apparaît (" Royaumes abolis " , " Elégies cisalpines ") et ces poèmes oniriques vont, de désespéré en désespérance (Shelley, Bacon, Strindberg), nous emmener en enfer jusqu'à ce que vous criiez "Le bonheur est remis sine die ", i1 ne vous reste plus que votre passé.

"Une mâchoire perdue,

là,

sans route tracée

hormis

le fabuleux héritage

hormis

1es nombreux pèlerinages

à même 1a squaw

de membrés bisons courent sur les parois ".

Etes-vous d'accord avec cette impression de désenchantement, ce sentiment que même vos rêves vous sont insuffisants, " Comme si on pouvait parler d' " amour " !

A.M. : " Le Nombre d'Orphée " est un recueil composé, comme le furent " Les Runes ", de poèmes longs à caractère épique et de poèmes courts, plus intimes. Une grande partie d'entre eux furent publiés dans des revues : Action Poétique, Création, Les Ecrits des Forges, etc.). La disposition des poèmes tient plus, comme je l'ai déjà dit, à leur taille qu'à leur inspiration. C'est une juxtaposition de poèmes différents les uns des autres, sans intention de créer une progression ou un ordre "architectural". Par contre, j'aime beaucoup ces poèmes, qu'ils évoquent le décor d'un western (Détestable Désert) ou bien l'Italie du Nord (Elégies cisalpines), la tragédie grecque, Les Perses d'Eschyle, souvenir d'Epidaure où les traductions de Jacqueline de Romilly, m'ont inspiré ces " Six Fragments pour un Xerxès ".

Il y a aussi des hommages à des artistes : Max Ernst, écrit après avoir vu une exposition qui lui était consacrée, ou bien le poème dédié à mon ami le sculpteur catalan José Subira-Puig dont j'admire depuis longtemps les oeuvres.

Quant aux derniers poèmes, ils annoncent ceux qui composeront " Chaleur du tendre ".

 

J.R.: Avec "les Contes de Fay Wray", vous quittez la poésie pour la prose et choisissez un titre constitué par deux groupes antithétiques " contes " et " Faits vrais ". Mais pour corser l'humour, vous créez cette opposition en vous servant du nom de l'immortelle vedette de King Kong : Fay Wray !

Le ton est donné. Ce manuscrit, composé de plusieurs " contes vrais " est écrit dans un style alerte, humoristique, porteur et dénonciateur de clichés. " 0n est toujours la star de quelqu'un ", dites-vous : une façon de se moquer gentiment de soi ?

A.M. : Avec " Vélocritique ", j'ai abordé un domaine inhabituel pour moi, la fantaisie, l'ironie, l'autodérision, bref ce que l'on peut aussi bien appeler l'humour. Il est vrai que dès 1960, je publiais régulièrement des nouvelles dans l'éphémère revue, à la fois luxueuse et humoristique, "Haute Société," qui obtint cette année-là le grand prix de l'Humour noir pour ses trois numéros parus. Mais je n'avais pas encore écrit de poèmes de cette inspiration. Le contraire de l'autosatisfaction n'est pas l'échec, mais l'autocritique. Pour des raisons de modestie, ou d'humour, cette " Autocritique " est devenue " Vélocritique ". Certains de ces poèmes ont été au préalable publiés dans Les Cahiers de la Poésie. Les poèmes de " Vélocritique " évoquent souvent des souvenirs de voyages, la nostalgie du temps qui "ne suspend pas toujours son vol".

" Les Poissons sincères " ont inspiré à Delphine Cavagné un très beau tableau.

Quant à "Art poétique", il a été publié dans une anthologie de poètes français parue au Québec à la suite d'une enquête sur la poésie en France. Ce ne sont pas tellement les anthologistes que je fustige, ils sont tout à fait libres de leurs choix et on ne saurait leur reprocher de n'être pas choisi (je n'ai pas à me plaindre dans ce domaine, puisque j'ai été représenté dans 7 anthologies !) ; mais bien les historiens ou historiographes de la poésie contemporaine qui, pour la plupart, ont omis de signaler jusqu'à l'existence dans les années 50, du plus grand mouvement poétique de masse ayant jamais existé en France : je veux parler du groupe des Jeunes Poètes du C.n.e. et de son président, c'est-à-dire moi-même qui, comme je l'ai déjà dit, a été par la même occasion complètement oublié !

Le dernier poème de ce recueil, " Vélocritique ", est inspiré par la persistance de l'espoir, symbolisé ici par le fameux vélo que mes parents m'avaient promis pour mon examen d'entrée en 6e, en cas de réussite, ce qui se produisit. Mais sur ces entrefaites, la guerre éclata ; mon père eut quelques ennuis avec un certain Marcel Déat ; le temps passa et je n'ai jamais eu le vélo promis, mais l'espoir fait vivre et cette philosophie de l'espoir répond parfaitement à cette citation de mon premier recueil, " L'Amour du jour " : "Si je meurs aujourd'hui, demain je revivrai..."

Le poète renaît toujours de ses cendres.

Curieusement, à l'exception de deux nouvelles publiées en 1960 dans une merveilleuse revue luxueuse, "Haute société" qui, comme je l'ai déjà dit, obtint cette année-là le prix collectif de l'Humour noir, mon œuvre de fiction en prose est inédite. Elle comprend trois romans, (refusés par plusieurs éditeur), dont un que je qualifierai, sans la moindre modestie, de génial, avec différentes variations sur le langage, le thème d'Ulysse : son titre est d'ailleurs " Un Nu lisse ". Ce manuscrit avait enthousiasmé un connaisseur comme Maurice Roche qui souhaitait ardemment qu'il fût publié.

"Les contes de Fay Wray"(encore mon goût immodéré pour les jeux de mots et les à peu près, sont plus récents : Ce sont des souvenirs, des anecdotes racontées dans le style minimaliste, mis au goût du jour par les auteurs américains : Carver, Brautigan, etc. Ceci, afin de ne pas assommer le lecteur avec des détails parfaitement inutiles. Mais sans pour cela négliger l'essentiel qui est l'information.

 

J.R. : Souhaitons bonne et longue destinée à ces manuscrits. Revenons à l'essentiel de votre oeuvre : en 1993, quel1e définition donnez-vous de votre poésie ? Revendiquez-vous encore certaines influences, lesquelles ? 0u bien, le " poète André Mathieu " a-t-i1 appris à voler de ses propres ailes ?

A.M. : Revenons donc à la poésie. Il est aussi difficile de donner une définition de sa propre poésie que de l'analyser. Les exégètes sont là pour voir dans leurs poèmes ce que les poètes n'ont pas vu. Ce qui peut me réjouir mais aussi me contrarier, c'est de ne pas avoir un style unique qui me soit tellement propre que l'on puisse reconnaître ma patte avant de lire ma signature. Je ne suis pas pour autant jaloux des poètes qui écrivent toujours la même chose et qui, pour cela, sont facilement reconnaissables. La diversité de mon inspiration comme des formes employées me permettrait d'écrire plusieurs oeuvres parallèles, mais distinctes, et pourquoi pas avec des hétéronymes, à l'instar de Pessoa ?

Avec l'âge et l'expérience, j'ai appris à me passer de modèles ou d'influences, sinon ponctuellement comme un clin d'oeil, pour rendre hommage à un aîné.

Mais je reviens sur l'idée de la diversité d'inspiration et de style. L'écart est énorme entre les poèmes de " Carmen inaugurationis ", ou d' " Egérîe " et les " Poèmes singes " ; entre les grands poèmes épiques comme " Xerxès… " et les poèmes intimistes mais lyriques de " Chaleur du tendre " ; entre les sarcasmes, l'auto-caricature et l'ironie de " Vélocritique " et un grand poème didactique et historique comme " Ode à l'Amérique autrefois française " !

Une caractéristique que l'on retrouve dans la plupart de mes poèmes est la métaphore, le choix de l'image poétique. Cela avait été remarqué dès les années 50 par un critique, lui-même poète, Roland Victor. Cette même caractéristique a fourni le sujet d'un mémoire de maîtrise en Lettres modernes à Mme M. Wendling, à la faculté des Lettres de Nancy.

En conclusion, je pourrais dire que la poésie (à laquelle je vais me consacrer de plus en plus) m'a permis de mieux connaître les pays et les sites que j'ai pu voir, ainsi que les hommes et les femmes exceptionnels que j'ai eu la grande joie de rencontrer. Je dois beaucoup au poète Pierre Morhange qui fut mon professeur de philosophie au lycée de Tarbes, et à qui j'ai consacré plusieurs émissions radiophoniques. Je constate avec plaisir que tous ces efforts, ainsi que ceux d'Armand Olivennes, Franck Venaille et Jacques Borel notamment permettent enfin à ce grand poète de sortir de I'oubli. Autre influence, celle d'un génie universel et qui mérite pleinement cette appréciation : August Strindberg dont j'ai déjà parlé dans Les Cahiers de la Poésie.

 

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BIBLIOGRAPHIE :

RECUEILS : L 'Amour du jour. Seghers. 1952 / Double Equateur, Seghers,1954 / Les Runes, P. J. Oswald, 1975 (prix biennal de poésie de la S.g.d.l.) : Talet (Les Années 30). traduction suédoise de Jon stolpe, photographies de Robert Capa. Folket i Bild, Stockholm, 1979 / Les Jardins rétrogrades, Rabbit Press, 1979 / Chaleur du tendre, illustrations de Haskel, Rabbit Press, 1982 / Visage de la forêt silencieuse comme une étoile, 12 poèmes traduits du langage singe de Tarzan, Le pont de I'Epée, 1982 / Carmen înaugurationis ad usum Delphinae, Albatroz, 1991. Egérîe, Albatros 1993.

 

PARTICIPATION A DES ANTHOLOGIES : La belle Jeunesse, choix de Paul Eluard et Aragon ; préface d'Elsa Triolet, éd. des Lettres françaises, 1951 / La Nouvelle Génération des poètes, choix et préface de René Lacôte, Ed. de la Nouvelle Critique, 1964 / E/Changes, anthologie de poètes français et québécois, Ed. de la F.i.d.e.l.f.,Montréal 1987 / Quatre Poètes : Jean- Yves Masson, Guy Benoît, René-Jean Clot, André Mathieu, Atelier de William Bruï, 1988 / Choisir la poésie en France, choix et préface de Bernard Pozier, Les Ecrits des Forges, Trois-Rivières, Québec, 1989 / Poésie des palmîpèdes II et III, anthologie de la revue. Albatroz, édi- tions Albatroz, 1991et 1992 / Les poètes de l'Union des Ecrivains, édition de I'Union des Ecrivains. 1991.

 

TRADUCTIONS : Moby Dick, d'Herman Melville, N.e.j.e., 1959 et O.d.e.j.,1964 / Une Affaire de viol, de Chester Himes, postface de Christiane Rochefort, éd. Les yeux Ouverts, 1963 / Confessions d'un Européen déloya1, de Jan Myrdal, éd. Bucher-Chastel, 1973 / Trois poèmes, de Jan Myrdal, in Action poétique, n°70, 1977 / Strindberg , une biographie, de Michaë1 Meyer, Gallimard. 1993.

 

TRADUCTIONS EN COLLABORATION AVEC CARL-GUSTAV BJURSTRÖM : Théâtre d'August Strindberg : A Rome ; Hermione, Les clefs du ciel : Les Babouches d'Abou Kassem ; Blanche-cygne ; L'Ile des morts ; Le Gant noir ; I e Hollandais ; Le Songe ; La Grand'Route, éditions de l'Arche, 1960 et 1986 / Un village de la Chine populaire de Jaén Myrdal, Gallimard, 1964 et 1972 / Poèmes, de Erik-Axel Karlfeldt (Prix Nobel 1931), éditions Rombaldi 1972 / Trois poèmes, de Thomas Tranströmer, in Les Lettres nouvelles, 1973 / In Memoriam, poème de Lars Noren, in Les lettres nouvelles, 1973 / Le Hollandais, poème d'August Strindberg, in La fenêtre ardente, Belgique, 1974 / Diwan sur le Pince d'Emgion de Gunnar Ekelöf, préface de Georges Perros, éditions Gallimard, 1973 et 1988 / La légende de Fatumeh de Gunnar Ekelöf, préface de Pierre Emmanuel, Editions Gallimard, 1979 et 1988 / Le secret du ciel (théâtre) de Pär Lagerkvist (Prix Nobel 1951) in Nora Bene 1990.

 

* Les Runes sont des caractères d'une écriture germanique ancienne, dite écriture runique dont les plus anciennes inscriptions datent de 2oo après J.-C. environ et proviennent des pays scandinaves. (N.d.l.r.).

 

 

*Edda poétique

L' Edda poétique est un ensemble de poèmes en vieux norrois rassemblés dans un manuscrit islandais du XIIIe siècle, le Codex Regius. C'est aujourd'hui la plus importante source de connaissances sur la mythologie scandinave. On l'appelle aussi ancienne Edda ou Edda Sæmundar, en référence à Saemund Sigfusson dit Saemund le sage, à qui fut attribuée la rédaction du codex.

 

 

 

 

 

 

*Les Scaldes islandais

Ces poètes ont inventé et transmis la poésie la plus complexe des temps médiévaux. Véritable prouesse lexicale et rythmique, la poésie scaldique était autant historiographique qu’artistique. Les grands poètes scaldiques étaient, et sont toujours, renommés en Islande. Mais aujourd’hui, bien peu d’Islandais sont capables de comprendre la structure scaldique. Et encore moins sont capable de composer un poème.

 

(Ces deux dernières définitions ont été copiées sur Internet qui n'existait pas (en tout cas pour moi) en 1993.)

 

CET ENTRETIEN A ETE PUBLIE SOUS UNE FORME DIFFERENTE DANS LES CAHIERS DE POESIE N° 13 DE SPETEMBRE/OCTOBRE 1993. IL AVAIT ETE TRANSFORME PAR LE DIRECTEUR DE LA REVUE A UNE EPOQUE OU (DE MON CHOIX) NOTRE COLLABORATION TOUCHAIT A SA FIN !!! IL "FALLAIT" DONC SUPPRIMER TOUTE TRACE DE MA PARTICIPATION. TOUTES MES QUESTIONS ET ANALYSES ETAIENT DISPARUES ET UNE PHRASE DES REPONSES D'ANDRE MATHIEU ETAIT MISE ET SOULIGNEE A LEUR PLACE !!

un autre poète