ODILE MANDRETTE, sculpteur

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Odile Mandrette, à quel titre êtes-vous à Banne ? Artiste Singulière ? Ou artiste contemporaine ?

Odile Mandrette : Ni l'un ni l'autre. Entre les deux !

 

JR. : Votre travail est en terre ?

OM. : Oui, réalisé en terre. Et peint ensuite à l'acrylique.

 

JR. : Votre est diversifiée, comment fonctionnez-vous ?

OM. : Cela dépend. Ce peut être à partir d'une idée, d'un croquis…L'idée peut s'arrêter en cours de route ; ou se modifier…

 

JR. : Prenons l'exemple de votre canard : Vous êtes partie des roues ? Ou du canard ?

OM. : Je suis partie du canard, parce qu'il est en bois. C'est un bateau, il y a donc un rapport avec l'eau. C'est un trimaran parce qu'il a trois roues…

 

JR. : Il y a donc toute une genèse autour de l'idée…

OM. : Oui. Tout part du canard !

 

JR. : Il me semble qu'il y a beaucoup d'humour dans votre travail.

OM. : Un peu, oui. Et de la dérision. Et puis, je parle du monde qui m'entoure. Je m'inspire beaucoup de ce que je vois, de ce que je lis…

 

JR. : Je vois aussi des œuvres qui sont presque uniquement de la Récup' ? Vous avez d'abord réalisé le véhicule puis le personnage ? Ou l'inverse ?

OM. : J'ai fait d'abord le personnage.

 

JR. : Vous avez parlé de peinture acrylique. Mais, comment obtenez-vous ces sortes de couleurs livides sur certains personnages ?

OM. : C'est tout simplement de l'acrylique. Avec de la pâte à papier… J'ai aussi d'autres techniques, comme le polystyrène extrudé que je recouvre de terre, ce qui me permet de faire des grandes sculptures. A Banne, je n'ai apporté que de petites œuvres.

 

JR. : Etant donné la diversité de vos techniques, comment définissez-vous votre travail ?

OM. : Il y a de l'humain, de l'animal. Je suis intéressée par le problème animal. Les roues…

 

JR. : Nostalgie de voyages que vous n'avez pu faire dans l'enfance ?

OM. : Je ne sais pas !

 

JR. : Les roues ont toujours l'air d'être un prolongement de l'animal ou du personnage. (Mais il est vrai que la plupart des gens disent " ma voiture, mon aile, mon moteur… "). Est-ce l'idée dans vos véhicules ?

OM. : Peut-être ?

 

JR. : Ceci dit, vos personnages sont extrêmement raides. Et, à part les cous que vous avez faits très longs, on n'a pas l'impression qu'ils soient " en déplacement " !

OM. : C'est possible. Mes premières œuvres proposaient des personnages hiératiques, immobiles. Ici, il y a un peu de mouvement, mais ce n'est pas ce que je cherche en premier lieu, dans mon monde imaginaire.

Je voudrais ajouter que j'ai travaillé pendant quatorze ans avec une galerie de Biarritz, qui m'a encouragée, qui m'a poussée. C'est aussi grâce à ces gens que j'ai travaillé aussi assidûment que je l'ai fait.

Entretien réalisé à Banne, dans la Grotte du Roure, le 4 mai 2008.

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