LAURENCE MALVAL, peintre-brodeuse

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Laurence Malval, il y a deux ans que nous avons fait connaissance. Néanmoins, comme à tous vos co-exposants, je vous demande si vous estimez être à Banne en tant qu'artiste Singulière ? Ou en tant qu'artiste contemporaine ? Et pourquoi ?

Laurence Malval : Artiste Singulière, sans le moindre doute. Je me sens bien dans cette mouvance.

 

JR. : Il y a deux ans, vous travailliez déjà avec des tissus. Pensez-vous être dans la continuité ? Ou bien y a-t-il eu un changement ?

LM. : C'est nouveau par rapport à il y a deux ans. A ce moment-là, j'avais commencé une série de dessins, en même temps que la couture. Et comme la couture est un travail très long, je me libérais avec le dessin. J'ai montré les dessins. Et maintenant, comme j'ai un petit stock d'œuvres cousues, ce sont elles que je montre. Dans ces deux formes de travaux, la notion du temps est différente, et dans le cas de la couture, il est impensable de montrer son travail au bout de quelques mois.

 

JR. : Ne peut-on dire " broderie " au lieu de " couture " ?

LM. : Oui ; en effet. Je prends de vieux travaux de broderie que je récupère, et je les combine avec des éléments que je brode à la main.

 

JR. : Vous partez donc d'une pièce de tissu ?

LM. : Oui. Et j'y pose des pièces prédécoupées. Je dessine avec mon fil par-dessus. J'ajoute des bouts de fil, comme j'ajoutais des bouts de papiers. Et je les mélange. Je m'y retrouve dans ma progression par rapport à mon travail de papier. Je ne savais pas du tout comment j'allais avancer, quand j'ai commencé ? Si l'ensemble serait rigide ou souple ? En fait, ces questions ne se posent même pas, quand on a le désir de réaliser ce genre de travail. On accepte par avance toutes les possibilités. J'arrive maintenant à bien me débrouiller dans mes rapports de tissus.

 

JR. : Le tissu va prendre la place du dessin ? Ou il va continuer à l'accompagner ?

LM. : Il l'accompagne. En étant complètement différent au niveau du geste. Mais je ne peux pas les montrer ensemble, parce qu'ils sont d'esprit différent. Mes dessins sont très peu colorés ; tandis que les collages sont vifs.

 

JR. : Certes, les dessins étaient pâles. Mais il y avait une surabondance de détails, de petites fleurs, etc. qui, me semble-t-il, ne feraient pas hiatus avec votre travail actuel

LM. : . Mais en mettant papier, tissu, dessin, je craignais de perturber le visiteur.

 

JR. : Pourquoi n'essayez-vous pas dans des lieux familiers. Vous verriez les réactions de vos amis ! Et vous sauriez comment vous vivez ces ensembles.

LM. : Moi, personnellement, je les vis bien.

 

JR. : Voulez-vous ajouter des précisions à ces quelques questions ?

LM. : Non, j'ai dit ce que je souhaitais dire.

 

 

Entretien réalisé à Banne, dans la Grotte du Roure, le 18 juillet 2006.

 

 

 

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