HUGUETTE MACHADO-RICO, peintre et sculpteur

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Nous nous sommes déjà rencontrées de nombreuses fois, depuis le temps lointain de Figuration Critique. Aujourd'hui, comment définissez-vous votre travail ?

Huguette Machado-Rico : Je ne sais. Je ne sais vraiment pas !!

 

JR. : Allez ! Faites un effort. Tout le monde a trouvé une réponse, jusqu'à maintenant !

H. M-R. : Hé bien ! Je vais être marginale ! Je ne vais pas donner de définition !

 

JR. : Quand vous peignez, que ressentez-vous ?

H. M-R. : Une nécessité. Pour moi, il est vital de peindre, de créer. J'ai toujours procédé de cette façon. Je suis née dans la création.

 

JR. : Il y a eu vraiment deux périodes dans votre création…

H. M-R. : Mais j'ai tout de même toujours exposé dans des galeries marginales. Par exemple, à Paris… La galerie humoristique ?

 

JR. : La galerie de Martine Moisant ? La galerie d'Art satirique ?

H. M-R. : Oui, la galerie d'Art satirique. J'ai exposé dans ce groupe-là " avant " l'Art singulier. " Art satirique ", c'est-à-dire que même dans ma peinture d'avant, il y avait cet aspect ; difficile à reconnaître. Auquel les yeux n'étaient pas préparés. La culture n'était pas faite. Maintenant, je passe sans problème dans ces circuits. Depuis on a fait son petit parcours culturel, artistique. Cela a été long à venir. Mais je pense que j'y suis depuis longtemps ! J'ai toujours eu l'œil que l'on trouve " gentil ", mais peut-être pas tellement ? Celui qui me fait être dans l'Art singulier, que l'on appelle " Singulier " aujourd'hui. Hors circuit, disons. Pour moi, finalement, je suis dans le même circuit depuis le départ.

 

JR. : Ma deuxième question était : Comment vous sentez-vous rattachée à l'Art insolite, puisque ce mot a été choisi pour ce festival ? On pourrait dire que ce mot " insolite " regroupe tous les autres sigles, en fait.

H. M-R. : Je ne peux pas le dire, ce sont les autres qui doivent l'exprimer. Pour moi, je le fais de façon spontanée, sans aucune réflexion.

Ce n'est pas moi qui me réclame de l'Art singulier, ce sont les autres.

 

JR. : Vous vous sentez donc aussi à l'aise dans une exposition d'Art contemporain que d'Art singulier ?

H. M-R. : " Art contemporain ", pour moi cette expression ne veut rien dire ! Tous les arts sont contemporains. Si on me dit " abstrait ", " figuratif ", " minimal ", etc. Tous ces termes de l'art… Evidemment, je suis dans l'Art singulier.

 

JR. : Pourquoi ?

H. M-R. : Peut-être parce que je le lui trouve plus de poésie. Pour le fait qu'il amène du rêve. Ce qui, je le suppose, est aussi valable pour l'abstrait ?

 

JR. : Je ne suis pas convaincue que l'abstrait apporte du rêve !

H. M-R. : Si ! Au début j'étais dans l'abstrait. Et il m'apportait du rêve. Seulement, il était géométrique. J'en suis arrivée à ce côté hors-normes par des accidents liés à la peinture. J'avais une technique fragile qui rendait les œuvres difficiles à transporter. Je me suis retrouvée un jour avec une toile percée. Et j'ai mis dessus un collage. Et je me suis aperçue que c'était très distrayant d'apposer ce collage sur la toile. Et j'en ai rajouté d'autre. Et surtout, j'ai fait rentrer l'humain dans mon travail.

Pour moi, c'est une question de hasard, de fragilité des œuvres. Il est évident qu'avec tout ce que j'ai dessus, elles sont beaucoup moins fragiles que celles du début. C'est donc une rencontre banale. Je n'ai pas réfléchi. Je suis instinctivement peintre, je ne recherche pas le côté intellectuel. Je suis spontanée, je ne sais pas si je vais dans un sens ou dans un autre, je vais au hasard… Au pif !

Les personnages ont été là, avec un monde de rêve. Ensuite, je les ai supprimés, parce qu'ils me gênaient. Quand on est maladroit, il est difficile d'introduire un personnage. Ensuite, il y a eu la rencontre avec le côté pratique, des déplacements des toiles ? et les personnages sont revenus. Par hasard, là encore !

 

JR. : Justement, maintenant que vous êtes revenue dans ce milieu où la psychologie n'est plus honteuse à introduire dans les œuvres - puisque pendant longtemps c'était le cas, il fallait peindre avec sa tête et rien d'autre- je trouve que c'est en réintroduisant votre maladresse que vous venez d'évoquer, que c'est ce qui a rapporté l'humain dans vos toiles.

H. M-R. : Mais vont-ils y rester ? L'avenir nous le dira !

 

JR. : Rendez-vous pour le savoir, au dixième " Courants d'Arts ", festival d'Art insolite !

Court entretien réalisé le 17 juin 2007, à Nottonville.

Un autre compte-rendu de festival

 un autre artiste

 

 VOIR AUSSI HUGUETTE MACHADO-RICO". TEXTE DE JEANINE RIVAIS. RUBRIQUE "ART SINGULIER".