FRANCOIS RICHARD dit RICHARD LENOIR.

(1765-1839)

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François Richard a le sens de la création industrielle comme d'autres ont le sens artistique ! Et seuls, les aléas de l'histoire ont pu venir à bout d'une entreprise commerciale fort intelligemment conçue et diligemment menée.

Fils d'un simple fermier normand, il est d'abord garçon de magasin à Rouen, puis en 1786, garçon de café à Paris. Très vite, il s'enrichit en spéculant sur les basins, étoffes de coton anglaises encore peu importées; et en achetant des biens nationaux, notamment un vaste domaine à Nemours.

La Terreur terminée, il s'associe en 1797, au négociant Lenoir-Dufresne, originaire d'Alençon. Tous deux décident de se lancer dans l'industrie du textile, et d'innover en introduisant en France la "mull-jenny" (ou mule-jenny), machine à imprimer le tissu, qui n'est jusqu'alors utilisée que dans les filatures de coton anglaises.

Richard et Lenoir s'installent d'abord rue de Bellefonds à Paris; puis à l'hôtel Thorigny dans le Marais ; enfin dans un ancien couvent de la rue de Charonne. Parallèlement, ils créent des filatures et des ateliers de tissage à Alençon et Laigle, à Saint-Martin de Séez, à Chantilly et à Paris.

Au moment de leur plus grande prospérité, Lenoir-Dufresne meurt. En hommage à son associé, François Richard décide d'accoler leurs deux noms et devient Richard-Lenoir. Il possède alors 39 établissements en Normandie, en Picardie, et à Paris: En 1808, il emploie 10648 ouvriers ; en 1812, il en compte 15000. En Normandie, des ouvriers travaillent pour lui à domicile dans 17 communes entre Saint-Lô et Coutances. En 1810, le Préfet de l'Orne estime sa fortune à 6 000 000 de francs et ses revenus à 600 000 francs par an.

Son attachement à Napoléon va provoquer la chute de son empire industriel : en 1806, l'Empereur le nomme membre du Conseil des Manufactures et, à son instigation, fait prohiber l'importation de tissus de coton anglais. Il est également nommé Commandant de la VIIIeme Légion de la Garde Nationale.

 

Le Royaume de Naples "devenu" territoire français, Richard Lenoir décide, en 1813, d'y implanter des cultures de coton. Mais les revers napoléoniens survenus à partir de cette date, changent les conditions économiques : des tarifs douaniers très élevés sont établis à l'encontre de la France, et l'industriel est ruiné.

En 1814, il est contraint de vendre toutes ses propriétés. Il finit sa vie dans la misère, subsistant grâce à une maigre pension que lui alloue, jusqu'à la fin de sa vie, son gendre.

En souvenir de la première manufacture de coton créée par ses soins en 1802 dans le Xeme arrondissement de Paris, l'ancien boulevard de la Reine-Hortense porte depuis ce temps le nom de Richard-Lenoir.

Il est enterré au Père-lachaise.

Jeanine Rivais.

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