SYLVIE LEMARCHAND, sculpteur.

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Sylvie Lemarchand, êtes-vous à Banne au titre de l'Art singulier ? Ou à celui de l'Art contemporain ? Et pourquoi ?

Sylvie Lemarchand : Je suis ici en tant qu'artiste de l'Art singulier. Je crois que ce que je fais n'entre pas dans ce que l'on voit actuellement de l'Art contemporain. La façon dont je travaille, le fait que je sois autodidacte et que je travaille instinctivement me font aussi me sentir bien dans l'Art singulier.

 

JR. : Sans ironiser, votre imaginaire me semble " très plat ! " Vos personnages ont à peine trois dimensions. Ils sont très plats, très longilignes. Pourquoi les concevez-vous de cette manière ?

SL. : J'ai fait auparavant beaucoup de choses avec des volumes, en papier mâché, en chiffonnant du papier pour faire des corps assez gros… Et tout à coup, j'ai eu envie de faire des petits personnages filiformes. J'ai donc fait des structures en métal.

 

JR. : En quel matériau sont-ils ? Du papier ? De la résine ?

SL. : C'est du papier encollé. Je suis aussi couturière costumière, j'ai donc fait des costumes en carton que je recouvre de papier, et je peins des motifs de tissus dessus.

 

JR. : Beaucoup de vos personnages semblent être des danseuses ou des danseurs ? Pourquoi cette volonté de leur faire des jambes démesurées et des bras plus longs que nature ?

SL. : Il y a un peu de tout : des personnages issus du cirque, de la danse… Je les réalise ainsi pour leur donner du mouvement, pour qu'ils s'élancent, qu'ils aient l'air de s'envoler !

 

JR. : Ce serait bien pour certaines danseuses de s'étirer ainsi les membres !

SL. : Oui. Moi-même j'aimerais bien faire comme eux ! Je trouve que c'est en même temps un peu humoristique, cela fait un peu bande dessinée.

 

JR. : On voit bien que toutes ces créatures appartiennent au monde de l'art. Mais en même temps, vous introduisez certaines dans le quotidien : l'un tient son poisson, une autre son sac à main, une serviette de bain, etc.

SL. : Oui. Elles sont en même temps une caricature de certaines catégories de gens. Ou des scènes de la vie. En même temps toutes ont un côté enfantin qui est au fond de moi et qui ressort.

 

JR. : Mis à part vos clowns dont l'un ressemble à une sorte de Tintin dont la mèche serait démesurée, la plupart de vos personnages sont seuls. Pourquoi faites-vous ainsi ?

SL. : Pourtant, j'ai fait des petits groupes : ceux qui courent, ceux qui dansent…

 

JR. : Oui, mais j'ai le sentiment qu'en effet, elles sont regroupées, mais pas qu'elles " fonctionnent en groupe " ?

SL. : Je les fais une à une, et selon les périodes, les unes ont une certaine forme, se retrouvent dans d'autres situations. Et puis un autre jour, ce sera différent.

 

JR. : Travaillez-vous par séries ; ou passez-vous d'un thème à un autre ?

SL. : Tout dépend de mes humeurs. En fait, c'est très aléatoire.

 

JR. : Y a-t-il une question à laquelle vous auriez aimé répondre, et que je ne vous ai pas posée ?

SL. : A priori, non ! De toutes façons, je suis toujours un peu maladroite dans mes interviews.

 

Entretien réalisé à Banne, dans la Maison de la Cheminée, le 19 juillet 2006.

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