JULES JOFFRIN.

(1846-1890)

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 "En partant, je souhaite aux jeunes du Parti Ouvrier... que leur vie soit ce qu'a été la mienne, je crois : une vie de travail, de sincérité et de dévouement à la cause populaire".

 Cette phrase écrite la veille de sa mort, définit Jules Joffrin : A 23 ans, membre de l'Internationale des Travailleurs, il milite pour le renversement de l'Empire, participe activement à l'élection de Rochefort et Gambetta, cache les militants pourchassés par la police. Incorporé en août 1870 dans le 15eme Bataillon de Mobiles de la Seine, il entreprend auprès des jeunes appelés une propagande si efficace qu'il est sur le point d'être traduit devant le Conseil de Guerre ; Il s'échappe par-dessus le mur du fort d'Aubervilliers. Le 4 septembre, lors de la proclamation de la déchéance de l'Empire, il fait libérer les prisonniers politiques.

Revenu à la caserne, il participe ensuite à toutes les opérations de son bataillon pour la défense de Paris. Après la capitulation, il organise à Montmartre, avec un groupe de militants dont Louise Michel, un Comité de Vigilance. Pendant les combats de 1871, il est partout ; ramène sous le feu ennemi des omnibus chargés de munitions ; fait le coup de feu aux collèges Chaptal, Rolin ; défend les barricades ; est le dernier à abandonner la mairie du XVIIIeme... Traqué par la police, il est obligé de s'expatrier en Angleterre où il restera neuf ans.

A Londres, il crée le Cercle des Prolétaires, puis le Cercle d'Etudes sociales, véritable école de démocratie politique. Membre de la Société des Réfugiés, il collecte des fonds qu'il envoie aux condamnés de la Commune en France et en Nouvelle-Calédonie.

Amnistié, il revient à Paris, s'inscrit au Parti Ouvrier, milite pour que soient également amnistiés tous les condamnés de la Commune. Ses camarades l'obligent à se présenter aux élections : il est, par trois fois, élu Conseiller municipal. A ce titre, il réclame la joumée de huit heures pour les employés des administrations parisiennes ; l'amélioration des conditions de travail des ouvriers du Bâtiment... obtient la mise des préaux des écoles à la disposition des élus de Paris, pour y rendre compte de leur mandat ; collecte des fonds pour l'achat de la concession des terrains du Père Lachaise à l'emplacement du Mur des Fédérés...

Une ombre à ce tableau idéal, la fondation de la Société des Droits de l'Homme contre les Boulangistes : Malgré l'assurance de toute sa bonne foi républicaine, Jules Joffrin est insulté, humilié, menacé. Tous ces soucis provoquent l'aggravation d'un cancer de la bouche apparu à Londres, en 1877. Il meurt à l'hôpital Dubois, le 15 septembre 1890 : 50 drapeaux, 50000 personnes suivent le corbillard; 250000 stationnent le long du parcours. Fédérations, délégués du Parti Ouvrier lui rendent hommage.

L'inhumation a lieu au Père Lachaise, le Conseil municipal estimant que la Ville de Paris doit ainsi manifester sa reconnaissance au Citoyen Jules Joffrin.

Jeanine Rivais.

un autre personnage célèbre