JEAN-CHRISTOPHE HUMBERT

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Jean-Christophe Humbert, pour cette exposition, vous avez apporté essentiellement des œuvres sur bois…

Jean-Christophe Humbert : Ce sont des assemblages, à partir de différents matériaux (bois, ficelles, écorces, etc.).

 

JR. : En conséquence, comment définissez-vous votre travail ?

JC.H. : En fait, depuis tout petit je suis imprégné d'Art populaire par la collection de mes parents ; des objets très chargés… J'ai fait l'Ecole des Beaux-Arts de Paris. Mais à un moment, j'ai eu envie de réaliser des assemblages ; impliquant donc un lien avec l'Art populaire. Et je suis aussi très intéressé par les arts tribaux, des choses hautement symboliques, porteuses de sens qui m'intéressent.

Et puis, depuis que j'ai des enfants, depuis la maternité de ma femme qui m'a très marqué, j'aborde souvent l'homme, la femme, les enfants…

 

JR. : La femme qui, la plupart du temps est enceinte ?

JC.H. : Oui. Et j'ai voulu faire également l'intérieur du personnage.

 

JR. : Vous rejoignez donc certains artistes très bruts, comme M'an Jeanne, par exemple, qui ont souvent cette obsession de ces êtres -qui ne sont pas forcément des bébés, d'ailleurs, puisqu'elle met souvent des coqs-… qui sont dans le ventre d'une femme ? Toujours la maternité ?

JC.H. : Pas forcément la maternité. Mais je trouve que de plus en plus, nous sommes scannés, nous voyons à l'intérieur des corps…

JR. : Ce qui est particulièrement remarquable dans votre travail, c'est la façon dont vous intégrez, vous amalgamez les objets récupérés, jusqu'à ce qu'en fait, ils aient l'air d'être un seul objet. Vous avez vraisemblablement plusieurs étapes dans cette progression, pour parvenir au côté intimiste de ces œuvres ?

JC.H. : Je suis très attaché à la composition des choses. Et, comme je vis à la campagne, je récupère tout ce qui se trouve autour de chez moi.

 

JR. : En même temps, tout se passe comme si vous réalisiez des chapiteaux d'églises…

JC.H. : Mais j'aime bien aussi l'Art religieux.

 

JR. : Je vois un diable, et plus haut ce qui me semble être la mort…

JC.H. : Je laisse les choses venir toutes seules. En fait, je n'analyse pas vraiment ce que je fais. J'ai un point de départ, mais tout peut changer au fur et à mesure que je compose. Et le résultat peut être très éloigné de ce que j'avais envisagé initialement.

 

JR. : Quand vous progressez dans vos ajouts, comment choisissez-vous les couleurs que vous allez prendre ?

JC.H. : Les couleurs sont celles de la terre autour de chez moi. C'est une terre à glaise, puisqu'il s'agit de la Puisaye, d'ocre jaune, rouge, etc. Et puis, je fabrique ma peinture à partir de pigments que je mélange avec du sable, avec un liant de cire. Je fais ma petite cuisine, en somme.

 

JR. : En tout cas, c'est une création très sympathique, et très esthétique.

JC.H. : Les personnages ont une partie un peu humaine. Mais en même temps, j'aime bien le côté insecte, alors j'ajoute des sortes d'antennes qui donnent des rythmes différents.

 

JR. : Souvent, aussi, vous donnez l'impression d'avoir pris une partie d'une fresque… Renaissance, par exemple. Je pense que là ce n'est peut-être pas vraiment volontaire, mais que c'est votre culture qui ressort ?

JC.H. : Oui, en effet. Et puis, il y a, non loin de chez moi, la Danse Macabre de la Ferté Loupière, que j'aime beaucoup.

 

JR. : Ceci m'amène à la question : Comment vous sentez-vous en relation avec l'Art insolite, où vous exposez aujourd'hui ?

JC.H. : C'est peut-être par ce travail sur des matériaux hétéroclites ? Et puis, malgré ma culture artistique classique, je suis très attiré par le fait de sortir d'un format rectangulaire, et d'utiliser ce qui est autour de moi !

Court entretien réalisé le 16 mai 2007 à Nottonville.

Un autre compte-rendu de festival

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