THIERRY GREINER, peintre et sculpteur

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Thierry Greiner, " couvert " de bijoux dans les endroits les plus insolites (oreilles, nez, lèvres, langue…) ! Voulez-vous définir votre travail, celui que vous avez apporté à Nottonville, mais aussi les peintures que vous faites chez vous, puisque, si j'ai bien compris, vous êtes un seul homme en trois personnes ? (Thierry Greiner a l'habitude d'envoyer des images sous trois patronymes différents, dont celui de St Molotov…Prions pour lui !)

Thierry Greiner : Je parlerai surtout de celles qui sont ici, faites avec des objets que je récupère facilement dans des vieilles maisons. Je fonctionne à la spontanéité. Il faut que l'objet trouvé m'inspire quelque chose, au moment même où je le découvre dans le chantier, sinon je le mets de côté.

 

JR. : Vous composez toujours vos œuvres in situ ?

Th. G. : Non, seulement la ferraille. Ensuite, je la pose sur des planches, et je la triture jusqu'à ce que je n'aie plus envie de la bouger. Je ne travaille jamais les éléments, je ne les découpe jamais. Parfois, je modifie un œil si le trou n'est pas assez grand. Mais d'une façon générale, j'essaie de les déformer le moins possible, parce que je les trouve belles telles quelles. Elles m'inspirent telles qu'elles sont.

Par la peinture et les sculptures, j'exprime autre chose. Je pense que chacun a en lui de nombreux côtés. Et, selon ce que l'on a envie d'exprimer, certaines techniques s'y prêtent plus ou moins.

 

JR. : Et selon vous, qu'exprimez-vous ?

Th. G. : Ces petites œuvres correspondent à des moments où je me sens plus reposé, physiquement et intérieurement. La peinture correspond à ces choses plus violentes qui me révoltent. Par la peinture et les sculptures, j'essaie de canaliser ma rage intérieure. Mais je cherche avant tout à me faire plaisir intérieurement, et à soulager ce qui bout en moi !

 

JR. : Mais alors, qu'est-ce qui bout ?

Th. G. : Souvent, je me révolte contre la société et le système dans son ensemble. Je garde intérieurement toute ma révolte, mais il y a des moments où il faut que je l'exprime. Depuis tout petit, j'ai du mal avec les institutions !

 

JR. : Si j'en juge par le nombre de fautes qui émaillent vos courriels, je dirai que vous en avez eu avec les instituteurs !!

Th. G. : Non, j'ai de bons souvenirs de mes instituteurs. Mais je n'étais pas très bon à l'école. Et je n'ai jamais pu supporter les institutions et les injustices. Je trouve qu'il y en a trop. J'ai du mal à le supporter. Mais les œuvres plates me calment aussi intérieurement, parce qu'elles sont plus douces.

Si je ne trouve pas de structures plates sur mes chantiers, je fais des sculptures avec des sacs de chaux et des fils électriques. J'aime bien travailler avec ce que j'ai sous la main.

 

JR. : Comment vous rattachez-vous à l'Art singulier ?

Th. G. : Il y a quelques années, je ne connaissais pas du tout l'Art singulier, je produisais beaucoup chez moi. On m'a rattaché à cet art, et je me suis retrouvé avec un grand nombre de gens qui m'ont très bien accueilli. Cela m'a apporté un grand réconfort de ne plus me sentir tout seul !

Court entretien réalisé le 17 juin 2007 à Nottonville.

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