CHRISTINE DE LA BOURDONNAYE, peintre et sculpteur

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Christine de la Bourdonnaye, première question incontournable : Etes-vous ici en tant qu'artiste Singulière ? Ou en tant qu'artiste contemporaine ? Et pourquoi ?

Christine de la Bourdonnaye : En tant qu'artiste Singulière. Parce que je travaille uniquement sur les émotions, sans idées préconçues, sans discours, sans message. C'est quelque chose qui doit se ressentir ou pas.

 

JR. : Etes-vous autodidacte ?

Ch. dlB. : Pas tout à fait. J'ai suivi deux années d'école technique.

 

JR. : A regarder votre cimaise, il me semble que vous avez deux productions qui se complètent : L'une en deux dimensions ; l'autre en trois dimensions, faite de petites poupées que je trouve très ressemblantes à des poupées indiennes folkloriques. Quand travaillez-vous en deux dimensions ? Et quand et pourquoi changez-vous pour travailler en trois dimensions ?

Ch. dlB. : Au départ, je travaillais en trois dimensions. La peinture est venue après. Mais maintenant, j'aime les deux. J'ai peut-être plus de difficultés pour les tableaux, mais néanmoins j'aime beaucoup la peinture. Et puis, j'aime beaucoup passer de l'un à l'autre.

 

JR. : Commençons par vos tableaux qui ont l'air d'être faits avec des découpages ? Est-ce que ce sont des collages ? Ou bien de la peinture ?

Ch. dlB. : Il y a des deux. Au gré de mon plaisir.

 

JR. : En peinture comme en sculpture, vos personnages ressemblent beaucoup à des dessins d'enfants. D'enfants qui auraient quatre ou cinq ans, c'est-à-dire à l'âge de dessiner le bonhomme bien rond, sa tête triangulaire, ses gros pieds et des tout petits bras.

Ch. dlB. : J'aime bien simplifier. Et tout va bien comme cela pour moi. De même pour les poupées. Elles n'ont pas forcément tous les membres. C'est comme j'ai envie au moment où j'en ai envie.

 

JR. : Pour certains, l'aspect collage ressort davantage que pour d'autres, parce que vous avez pratiquement caché le papier journal sous de la peinture. On ne fait que le deviner. Alors que pour la robe d'un autre -je devrais dire une autre- le journal reste complètement apparent. D'autres fois, vous utilisez ce qui semble être du papier à tapisserie.

Ch. dlB. : Oui. J'aime bien utiliser tous les matériaux. Du tissu, des papiers peints…

 

JR. : Vous m'avez dit tout à l'heure : " Je travaille sans idée préconçue ". Comment procédez-vous et à quel moment estimez-vous avoir mis tout ce que vous vouliez ?

Ch. dlB. : Quand je commence à être contente de ce que je vois, je m'arrête ; mais il peut arriver aussi que plus tard, cela ne me convienne plus. Quand je sens que je ne peux plus rien ajouter. Mais c'est difficile de décider " je m'arrête " ou " je ne m'arrête pas encore ". C'est quand je pense que l'histoire est finie.

 

JR. : Sommes-nous alors dans le monde du conte ?

Ch. dlB. : Oui ! J'aime beaucoup tout ce qui est rêve, merveilleux, le monde des extraterrestres, tout ce qui nous sort de l'ordinaire… Et les contes apportent exactement tout cela.

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