CHRISTOPHE, sculpteur.

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Christophe, nous nous retrouvons après deux ans, presque trois, où vous exposiez au Printemps des Singuliers. Il me semble, sauf si vous n'avez apporté ici qu'une série bien précise, que vos personnages sont devenus plus réalistes, qu'ils sont plus ressemblants à de véritables humains et vos animaux à de véritables animaux ?

Christophe : Non je ne pense pas … Regardez l'autre groupe, vous verrez que non !

 

JR. : Ces petits personnages debout sont également de vous ?

Ch. : Oui, toute la série.

 

JR. : Je les ai regardés longuement, mais je n'ai pas fait le rapprochement avec vous. C'est donc une nouvelle série ?

Ch. : Oui, c'est un travail récent. Mais je ne trouve pas qu'il soit vraiment réaliste.

 

JR. : On peut donc dire que, d'un seul coup, les humains, réalistes ou non, sont arrivés dans votre monde ?

Ch. : C'est un peuple, oui.

 

JR. : Ils ont d'humain la silhouette en général ; mais apparemment tous sont dépourvus de membres supérieurs !

Ch. : En effet, je ne leur ai pas mis de bras.

 

JR. : Pas de bras et des têtes sans visages.

Ch. : Oui. Ce sont juste des silhouettes.

 

JR. : Pourquoi ?

Ch. : Je les appelle Les Femmes du désert. C'est un peu comme les mirages… Un peu indistinct, juste des silhouettes.

 

JR. : Et pourquoi avez-vous choisi de procéder ainsi ?

Ch. : Je n'ai rien décidé du tout. Je les ai faites, c'est tout. Je ne décide jamais.

 

JR. : C'est donc votre instinct qui vous a amené à cette nouvelle création. Mais pourquoi ? Est-ce de la nostalgie par rapport au désert ?

Ch. : Non aucune. Elles me font juste penser à la chaleur et la solitude, à tous les déserts à travers le monde.

 

JR. : Diriez-vous que vos personnages sont nus ?

Ch. : Ah non, ils sont habillés !

 

JR. : Ce sont donc des vêtements / peaux ?

Ch. : Oui, ce sont des vêtements, de la toile peut-être ? Je ne sais pas…

 

JR. : Vous avez dit les appeler Les femmes du désert. De quels matériaux sont-ils faits ? De récupérations citadines ?

Ch. : Non. Ce sont des poutres de charpentes. Quand je trouve un objet qui me convient, je retravaille dessus le moins possible ; je laisse la vie d'avant en évidence. Le temps a travaillé pour moi. Il n'y a pas de patine autre que l'usure du temps.

Entretien réalisé dans les Ecuries, à Banne, le 11 juillet 2007.

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