ARMAND, MARQUIS DE CAULAINCOURT, DUC DE VICENCE.

(1772-1827)

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" Fidélité, grandeur et décadence " : ces trois mots résument la vie d'Armand de Caulaincourt, né au château familial le 9 décembre 1772. Militaire, il sert sous les ordres de Hoche, s'illustre à Hohenlinden sous les ordres de Moreau.

Après la paix de Lunéville en 1801, Bonaparte l'envoie à Saint-Pétersbourg et, satisfait de la réussite de sa mission auprès du tsar, le prend pour aide de camp. Puis, en 1804, il l'envoie à Offenbourg arrêter quelques exilés. Malheureusement, cette affaire est liée à celle d'Ordener qui, à Ettenheim, enlève le duc d'Enghien. Malgré ses dénégations, le marquis de Caulaincourt subira toute sa vie l'opprobre attaché aux protagonistes de l'exécution du duc.

Après l'entrevue de Tilsitt, en 1807, il est désigné comme ambassadeur auprès du tsar ; mais, insatisfait, Napoléon lui écrit. "Souvenez-vous de rester français!" ; marque de méfiance compensée par le titre de duc de Vicence après la réussite de l'entrevue d'Erfurt en 1808.

Au moment du divorce impérial, Caulaincourt reçoit l'ordre de négocier " avec prudence et dextérité " le mariage de la grande-duchesse Anne avec Napoléon. La mission échoue. Caulaincourt obtient son rappel en 1811, mais demande sans succès sa nomination en Espagne.

Il suit Napoléon en Russie et, pendant la terrible retraite, l'empereur voyage avec lui. Après les victoires de Saxe, Caulaincourt est nommé Grand Maréchal du Palais et chargé avec Narbonne, d'aller à Prague négocier la paix : bernés par Metternich, les deux plénipotentiaires reviennent les mains vides.

Après l'abandon de l'Allemagne, Caulaincourt est envoyé à Francfort ; échoue de nouveau. En février 1814, au congrès de Châtillon, il essaie vainement de faire face à l'insolence des vainqueurs. Aucune de ses démarches n'aboutit, et Napoléon est contraint d'abdiquer. Le duc de Vicence parvient néanmoins à régler honorablement les conditions d'exil de l'empereur et, bien qu'écarté du projet de retour de l'île d'Elbe, court l'attendre aux Tuileries : il est nommé pair, puis ministre. Mais aucune chancellerie étrangère ne répond à ses courriers ! Napoléon refuse de l'emmener dans sa nouvelle campagne. Lors de la seconde abdication, Carnot et Fouché ne lui permettent de jouer aucun rôle.

Il se retire dans sa famille, écrit ses Mémoires et, poursuivi jusqu'à son lit de mort par l'accusation concernant le duc d'Enghien, ajoute à son testament : "On ne ment pas en présence de la mort. Je jure que je n'ai été pour rien dans l'arrestation du duc d'Enghien".

Il meurt à Paris le 19 février 1827. Il est enterré au Père Lachaise.

Jeanine Rivais.

un autre personnage célèbre