LOUIS BREGUET.

(1880-1955)

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Louis Breguet a onze ans lorsque l'Allemand Otto Lilienthal, premier homme à s'élever dans les airs, réussit sa performance. Pendant les 20 années suivantes, l'adolescent entend les noms d'Orville, Wright, Santos-Dumont...

Après de solides études en aérodynamique, au cours desquelles il s'est intéressé aux voilures tournantes avec Richet et Dorand, il prend la direction de la section électricité de l'entreprise familiale. Avec son frère Jacques et sous le tutorat du professeur Charles Richet, il commence à concevoir en 1907 des aéroplanes et notamment le fameux " gyroplane " (l'ancêtre de l'hélicoptère) avec des ailes flexibles. La même année, Louis Breguet et Charles Richet présentent le Gyroplane à l'Académie des Sciences.

En 1909, il construit son premier avion ; établit en 1911 le record de vitesse sur 10 km ; fonde la même année la Société des Ateliers d'aviation Louis Breguet ; construit en 1912 son premier hydravion ; en 1917, un hélicoptère. Il fonde deux ans plus tard la Compagnie des Messageries Aériennes qui deviendra Air France.

Dès le début de la première Guerre Mondiale, il comprend l'importance de l'aviation dans l'évolution du conflit, et construit le Breguet XIV qui contribue grandement à la victoire des Alliés. Il est l'un des premiers à construire un avion presque entièrement en aluminium.

Au cours des années 20, à la pointe de l'innovation, nombre d'avions Breguet permettent à leurs pilotes d'effectuer raids et records: Ainsi, Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, entrés en 1928, y effectuent-ils de brillantes carrières. Pour le premier, Paris-Assouan ; Paris-Djask ; le tour du monde (avec Joseph Le Brix) sur le Nungesser et Coli. Ensemble, Costes et Bellonte, partis sur un Breguet XIX, Le Point d'interrogation, remportent le 29 septembre 1929, le record du monde en ligne droite (7905 km de Paris à Tsitsihar, en Mandchourie). Et les 1er et 2 septembre 1930, réalisent -de nouveau sur Le Point d'interrogation- la première ligne aérienne Paris-New York.

Toute une lignée d'avions commerciaux, du Léviathan de 1919 aux Breguet Deux-Ponts de 1955, sortira, année après année, des usines Breguet. Cependant, la situation n'est pas facile, car la concurrence est âpre. Dès 1923, les usines de Villacoublay s'organisent selon des méthodes "inspirées du travail à la chaîne et de la taylorisation". En 1925, Breguet emploie 1500 ouvriers, mais la crise financière mondiale fait s'effondrer les revenus !

Malgré tout, Louis Breguet ne fait rien timidement : il accroît le travail sur les prototypes ; acquiert en 1929 les licences britanniques de l'hydravion multimoteur Short-Bristol ; achète au Havre d'importants terrains pour y implanter une usine nouvelle... Des associations sont signées avec Hispano, Morane... Des rapprochements sont effectués avec les chantiers navals de Saint-Nazaire-Penhouët. Des décentralisations sont mises au point. C'est ainsi que se succèdent, d'abord à Villacoublay, puis à Toulouse et Biarritz, des avions qui vont du patrouilleur maritime Breguet Atlantique à l'appareil à décollage et atterrissage courts, le Breguet 941...

Toutes ces épreuves traversées par les Ateliers Breguet doivent mettre leur fondateur à rude épreuve ; jusqu'en 1948 où la société est absorbée par la toute nouvelle compagnie nationale Air France. Il n'est pas étonnant que Louis Breguet éprouve le besoin de se livrer à d'autres sports, et que, fervent yachtman, il soit jusqu'à sa mort à Saint-Germain-en-Laye en 1955, un des meilleurs skippers français.

Il est enterré au Père Lachaise.

Jeanine Rivais.

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