ANNE AUFRAY, peintre

Entretien avec Jeanine Rivais.

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Jeanine Rivais : Il me semble que depuis Banne, l'an dernier, vous avez changé complètement le registre de votre travail ?

Anne Aufray : Non. C'est qu'à Banne, je n'avais apporté qu'une sorte de travail !

 

JR. : Pouvez-vous, dans ce cas, me dire comment vous définissez ce que je ne connaissais pas de vous !

AA. : Ce sont des travaux plus anciens, en particulier sur les champignons. Ce qui est nouveau, ce sont les gravures, que j'ai commencé à travailler cette année : linogravure, eau-forte… Et j'ai réalisé des reliquaires sur le XVIe siècle. Et puis, de nombreux petits masques en terre cuite qui sont " des passeports ". Des passeports, parce que souvent, les Africains avaient ainsi de petits masques qui montraient à quelle tribu ils appartenaient, et qui leur servaient de papiers.

 

JR. : Je vois vos gravures, sur lesquelles vous êtes me semble-t-il, très manichéenne. Chaque visage est partagé en deux parties.

AA. : Oui. Il y a en effet, toujours le bien et le mal, l'ombre et la lumière…

 

JR. : Et pourquoi avez-vous voulu exprimer ces états ?

AA. : C'est venu tout seul, avec le dessin. Ce n'est pas forcément voulu au départ.

 

JR. : Comment estimez-vous vous rattacher à l'Art insolite, puisque vous avez accepté d'exposer à Nottonville ?

AA. : J'ai rencontré des gens l'an dernier à Banne. Mais c'est surtout un ami qui, il y a quelques années, m'a dit : " J'ai rencontré des gens de ta famille ", en voyant dans mon atelier des choses que je ne montrais pas. Et il m'a parlé d'un courant d'art qui, selon lui, était proche de mon travail. C'est finalement plus lui qui m'a dirigé vers ce courant, que moi-même. Je n'ai pas cherché.

Court entretien réalisé le 16 mai 2007, à Nottonville.

 

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